PROTEGER NOTRE JEUNESSE - résumé

Extension du RSA aux jeunes de moins de 25 ans, « minimum jeunesse », « revenu citoyen », « allocation autonomie » : la crise sanitaire a remis sur le devant de la scène la question d'un revenu minimum garanti pour les jeunes, et de plus en plus de voix demandent sa création. Dans cet article d’une dizaine de pages, nous ouvrons le débat en arguant, que non seulement celui-ci ne date pas d’hier, mais que la société française doit surmonter ses divisions pour faire émerger une solution conçue pour protéger et propulser sa jeunesse dans le XX1e siècle. Les conséquences économiques et sociales de la pandémie affectent prioritairement les jeunes entre 18 et 25 ans qui, cette année plus que jamais, ont des difficultés à accéder à un premier emploi voire à un stage ou un apprentissage. Beaucoup d’étudiants ont perdu la possibilité d’accéder à une certaine autonomie financière grâce à des « petits boulots », et de s’émanciper financièrement de leurs parents. Ainsi, certains ont été obligés à retourner vivre en famille, tout en laissant tomber leur location d’étudiant (autre voie d’accès à l’autonomie) voire à abandonner leurs études faute de pouvoir les financer (insuffisance des bourses, notamment pour se loger). Les inégalités de destins n’en sont que plus accentuées, entre ceux dont les parents pourront absorber ces incertitudes et ceux dont les parents ne le pourront pas, surtout quand ils sont eux-mêmes frappés par les conséquences de la crise sanitaire. Les jeunes ont été très touchés par la précarité au travail, la crise a eu pour effet de fermer les portes de l’emploi : 1 sur 6 a perdu son travail depuis le début de la pandémie. Les entreprises ont réduit le niveau de leurs embauches, qu’elles soient touchées directement par les difficultés actuelles ou plongées dans une incertitude trop grande. En juin 2020, 660 000 nouveaux jeunes sortant du système scolaire se sont mis à la recherche d’un emploi, en plus de tous ceux qui, en 2019, n’avaient pas encore réussi à s’insérer sur le marché du travail. Plusieurs centaines de milliers de jeunes sont aujourd’hui plongés dans une profonde incertitude, en attente d’une réouverture des portes de l’emploi ou d’une reprise de leurs études dans des conditions normales. A la rentrée, ils seront plus de 750 000 à chercher un emploi. La société française est divisée sur le recours au revenu minimum pour les jeunes. Comment expliquer que l’on est majeur politiquement à 18 ans (et élire des représentants), mais mineur économiquement jusqu’à 25 ans, voire plus ? Pour certains, un minimum assuré détourne les jeunes de l’emploi, les enferme dans le piège de l’assistance, car, pour eux, la lutte contre la pauvreté se fait par le retour à l’activité et le travail. En effet, plus on augmente de manière unilatérale nos minima sociaux, plus on rend difficile le retour à l’activité et plus on favorise une forme d’oisiveté. Certes, l’idée d’une allocation universelle pour les jeunes sans condition de ressources des parents, peut paraître séduisante à première vue. Car l’effet de « désincitation », comme disent les économistes, est faible D’une part, occuper un emploi, n’est pas seulement bénéficier d’un revenu, mais aussi d’un mode de socialisation, parfois certains avantages sociaux, une forme d’autonomie et contribuer à un projet d’avenir. D’autre part, à la sortie du système éducatif, l’immense majorité des jeunes entre naturellement dans la vie active et se projette grâce au travail vers l’indépendance, le logement, ou le projet de fonder une famille. Pour le gouvernement, un élargissement du RSA n’est pas la solution à privilégier, à 18 ans, ce que l’on veut, c’est un travail, une rémunération de son travail, on ne veut pas une allocation. En effet, une aide financière ne permettrait que partiellement de répondre au problème et il met en avant le plan «1 jeune, 1 solution» qui vise à soutenir l’insertion professionnelle. Selon l’exécutif, le RSA jeune ne conduirait pas l’insertion par l’emploi, c’est pourquoi il est préférable d’opter pour des mesures qui permettent aux jeunes âgés de 16 à 25 ans qui ne sont «ni en emploi, ni en études, ni en formation» de recevoir une aide mensuelle à condition de s’engager à suivre un parcours d’insertion. L’Etat doit combiner « en même temps » des aides financières bien ciblées, bien suivies et bien évaluées pour ceux qui sont les plus en difficulté et des mesures structurelles pour améliorer le système éducatif. Simplifier le millefeuille français et éradiquer l’échec scolaire, autant d’enjeux auquel le gouvernement s’attelle avec une conscience aiguë de l’urgence absolue et de l’énormité de la tâche. Un certain nombre d’aides accessibles à la jeunesse sont présentés brièvement dans cet article.

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Claire Scotcher – responsable com LREM64 et animatrice locale comité Sud Pays Basque – Mars 2021