Homme Nouveau

C'était un but, presqu'un rêve pour beaucoup d'hommes de la Révolution. C'était leur objectif. Certains, parmi les plus importants, y consacrèrent nombre de discussions et de discours. Les lisant, on a l'impression que ce sujet est aussi important que la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen. Il l'était , car il personnifiait leur principale ambition. Ils voulaient tout changer, y compris l'homme. C'était le coeur même de leur entreprise pour eux qui venaient de créer l'expression « Ancien Régime ». Ils avaient pourtant d'autres chats à fouetter. Mais il s'agit d'êtres humains aussi, avec des tempéraments divers. Certains estiment qu'il faut tenir compte de la situation ancienne et de la frayeur devant l'innovation qui, selon le mots de Talleyrand, est "la marque même des peuples anciens". D'autres, plus radicaux, utopistes donc, suppriment le temps : Robespierre : c'est l'imagination timorée des hommes "qui pose ordinairement les bornes du possible et de l'impossible; mais quand on a la volonté de bien faire, il faut avoir le courage de franchi ces bornes" (13 Août 1793).

Ce qui me mène à mon sujet : pardonnez-moi d'abord de juger que la Révolution Française offre, à l'état natif, la plupart des problèmes de notre vie politique. Mais nous n'en sommes pas là aujourd'hui en France : ni par l'ampleur des changements envisagés, ni par le souhait d'un gouvernement qui n'a jamais eu l'ambition de changer l'homme ! Il constate, à juste titre selon moi, que nous vivons encore dans un cadre créé à la Libération et qu'il y a donc lieu de l'adapter soixante-dix ans après. J'observe toutefois que, sans prendre parti sur le fond des débats, beaucoup manifestent cette "frayeur devant l'innovation", simplement parce qu'elle est "innovation", sans pour autant en connaître le fond, ni a fortiori le détail du projet. Et l'on trouve même, pour revenir à mon parallèle, en ce moment des « royalistes » qui ne veulent surtout rien changer !

Oui, le gouvernement veut instaurer des changements mais il ne veut pas créer un homme nouveau : on finirait cependant par le croire à entendre certaines protestations, y compris celles d'une profession dont je croyais que le métier est de balancer le pour et le contre.

Eloignons donc ce cafouillage, réfléchssons aussi calmement que possible : la guillotine ne menace personne.

Si vous souhaitez échanger, dialoguer, polémiquer, vous pouvez m'adresser vos remarques par mail : aymar.laremparis17@gmail.com