Si les méfaits du tabac sur la santé sont bien connus sur les humains, on se penche encore peu, à titre individuel, sur les effets néfastes de la cigarette sur l’environnement naturel et donc, que dire des mégots qui vont mettre plus de 12 ans à se décomposer.

Comme d’autres gestes de notre quotidien qui nuisent à l’environnement, jeter son mégot au sol a des conséquences bien plus importantes que ce que l’on imagine. Le mégot est en effet le premier déchet marin. Emporté par le vent et la pluie, il se retrouve rapidement dans les réseaux d’assainissement puis dans le milieu aquatique qu’il va contaminer. Un filtre à cigarette contient 4000 substances chimiques (nicotine, phénol, métaux lourds...) ainsi que du plastique, l’acétate de cellulose, et il pollue à lui seul 500 litres d’eau.

Une récente étude de l’INERIS, l’Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques, a en effet conclu à sa dangerosité, ce qui pourrait bientôt conduire l’Etat à le classer comme “déchet dangereux”.

Les filtres de cigarettes sont constitués de plastique, plus précisément d’acétate de cellulose, entre autres. Les mégots ne sont donc pas biodégradables, mais photo-dégradables, c’est-à-dire qu’ils se dégradent par l’effet de rayons lumineux, en particulier ceux émis par le soleil. Le problème réside dans le fait qu’il s’agit d’une dégradation lente, environ une décennie durant laquelle les sols risquent d’être contaminés par ces mégots ayant absorbé les substances dangereuses contenues dans les cigarettes.

En France, c’est 40 milliards de mégots qui seraient jetés par terre chaque année. Les villes n’en peuvent plus des mégots de cigarettes. Véritable fléau, ils se retrouvent par milliers sur les trottoirs, les jardins, les routes et constituent une véritable pollution visuelle qui nuit à leur image. A Paris, 350 tonnes de mégots seraient retrouvés au sol annuellement.

Côté répression, le palmarès revient à l’état américain du Maine qui taxe directement la population pour défrayer le plus possible l’énorme coût des opérations de nettoyage. Dans la capitale française, la législation c’est durcit aussi : l’amende pour jet de mégot sur la voie publique est passée de 35 à 68 euros. Il faudra tout de même être négligeant pour être exposé à ce montant ; la mairie de Paris annonce l’installation, d’ici 2020, de 30 000 nouvelles poubelles (une tous les 100 mètres) équipée d’un éteignoir.

Le 18 mai, La ville de Paris organise une large campagne anti-mégot afin justement de sensibiliser les fumeurs. Dans notre 11ème arrondissement une rue sans mégots est créé de rue de la Folie-Méricourt aux rues de Saint-Ambroise et de Oberkampf.

Pour conclure, il faut avouer que le fléau n’est pas que le mégot mais le fumeur qui est une plaie pour la société et la planète. Il a conscience que sa cigarette pue, donne mauvaise haleine, détériore son goût, sans parler du risque de maladies et de cancers. Mais tout cela ne l’empêche pas de la fumer et de la jeter au sol à la fin ...

Le combat continue donc ! Rejoignez-nous le 18 mai !

Amine Miloudi - Animateur Local Belleville/St Maur