Le mardi 27 novembre 2018, à l’occasion de l’installation du Haut Conseil pour le climat, le président de la République a présenté sa méthode et sa stratégie pour assurer la transition écologique.

Sur la méthode, d'abord, Emmanuel Macron est revenu longuement sur le mouvement des Gilets Jaunes. Tout en réaffirmant la nécessité de la transition écologique, il a rappelé le besoin de pédagogie. Il faut, dit-il, expliquer à quoi servent les impôts payés par les Français (l’école, la sécurité, la justice, la solidarité…) et ne pas laisser les démagogues faire miroiter des solutions simplistes. Il faut aussi expliquer la méthode pour accompagner dans les changements celles et ceux qui ont aujourd’hui des difficultés et craignent pour leur avenir comme pour celui de leurs enfants. Il faut enfin proposer des solutions concrètes, proches du terrain, adaptées. En revanche, aux casseurs, aux démolisseurs de notre République, qui n’ont d’autre but que de détruire notre pacte républicain, « à ceux-là, la réponse sera l’ordre public et rien que l’ordre public ».

Sur la stratégie, ensuite, Emmanuel Macron affirme que trop peu a été fait jusqu’à présent par les pouvoirs publics. Et pour « être à la hauteur de cette immense responsabilité collective, il faut d’abord ne pas changer d’avis, en assumant ses positions et actions ».

Concernant l’essence, le président de la République indique qu’il ne s’agit pas d’abandonner la voiture. Elle est en effet indispensable pour beaucoup. Mais il faut commencer à sortir des énergies fossiles dont on ne maîtrise par le prix de production – 70% de la hausse récente des prix à la pompe sont liés à la flambée du prix du baril et non aux hausses des taxes –, ce qui est le sens de la prime à la conversion, et construire de nouvelles formes de déplacement en favorisant les transports en commun et en proposant de nouvelles solutions qui seront à construire en concertation, sur le terrain. Concernant la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), le président de la République souhaite l’adapter au marché avec une méthode « pour rendre plus intelligente cette taxe aujourd’hui un peu aveugle », afin d’atténuer l’effet d’une envolée des cours mondiaux.

En ce qui concerne les logements, le président de la République rappelle que l’« on sait construire des bâtiments basse consommation et à énergie positive. Il faut l’encourager mais le parc de bâtiment ne se renouvelle qu’à hauteur de 1 % par an. Il faut donc travailler à mieux isoler les bâtiments existants. Des moyens sont sur la table : 9 milliards d’euros dans le cadre du plan d'investissement. Mais les résultats sont trop timides, nous devons accélérer non pas en fixant des limites ou des interdits mais des solutions concrètes avec les professionnels du secteur pour aller plus vite sur l’isolation et le renouvellement des équipements pour répondre à ce défi. » Le président de la République souhaite donc apporter aux Français des solutions concrètes pour rénover à un coût accessible leur logement ou changer leur chaudière ; autrement qu’avec des mécanismes complexes.

En ce qui concerne l’industrie, l’enjeu est d’inventer l’usine du futur. « Là aussi ce sont des investissements, des formations et la mobilisation des filières industrielles. »

Le président de la République a également annoncé le quintuplement (de 8,4 GW à 40 GW) d’ici 2028 de la puissance installée du parc photovoltaïque et un doublement de la puissance installée de l’éolien (de 14,3 GW à 35 GW). Simultanément, d’ici 2022, toutes les centrales à charbon seront fermées. Aujourd’hui, elles ne représentent que 1,8% de notre production électrique mais sont responsables de 25% des gaz à effet de serre du secteur. Enfin, 4 à 6 réacteurs nucléaires seront fermés d’ici 2030, selon un calendrier qui sera transparent. Emmanuel Macron rappelle néanmoins, que le nucléaire est une énergie décarbonée et à bas coût de production. « Réduire la part du nucléaire, ce n’est pas renoncer au nucléaire »

Il faut apporter des réponses aux inquiétudes des Français. « Une partie de ce qui a été fait par le gouvernement y répond. En baissant les cotisations sociales salariales, en baissant la taxe d'habitation, en prenant des mesures pour l'éducation, ça va dans ce sens. Mais les concitoyens disent que ça ne va pas assez vite. Il faut donc accélérer, intensifier, pour répondre à l’impatience légitime de celles et ceux qui travaillent dur ou ont travaillé dur. »

Le président de la République appelle de ses vœux une concertation nationale qui servira à bâtir un agenda de solutions et de protection en mobilisant l’ensemble des territoires, des acteurs sociaux et des citoyens : « Toutes les associations doivent pouvoir y participer, y compris les représentants des Gilets Jaunes. Nous ne pouvons pas être dans la dénonciation réciproque. »

« Tout sera mis en œuvre pour que l’écologie à la française puisse être une écologie populaire », affirme le président de la République.

Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10