En France, 10 millions de nos concitoyens sont des aidants (soit un Français sur six), dont 500 000 sont de jeunes aidants. Ces aidants interrompent parfois leur vie professionnelle sur un temps court ou un temps long pour accompagner un proche (dans 90% des cas) en raison de la maladie, de l’âge, du handicap ; parfois, ils les accompagnent dans les tout derniers jours de leur vie. Cela se fait toujours au prix d’un sacrifice – admirable – matériel, physique et psychologique considérable et qui a souvent des conséquences pour l’après : certains perdent leur emploi, les plus jeunes courent le risque du décrochage scolaire…

Alors que depuis quelques années émergent ici ou là des dispositifs en faveur des aidants, épars et méconnus, sans cohérence d’ensemble, le 25 avril dernier, le président de la République indiquait qu’il fallait reconnaître les aidants et leur bâtir une place dans les politiques publiques. Et pour la première fois, ce mercredi 23 octobre, un gouvernement s’empare de cette question de manière globale ; avec le Premier ministre, Edouard Philippe, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, et la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, en déplacement en Essonne à la rencontre des aidants, des associations et des élus, une stratégie va être mise en place pour accompagner les aidants et rompre leur isolement. Il s’agit, pour les aidants, de recevoir un soutien à la hauteur de leur engagement. Sophie Cluzel le martèle : "Reconnaissons-les ! Informons-les ! Accompagnons-les ! Aidons-les !".

Dans cette société fraternelle, solidaire, bienveillante qu’ils construisent et qu’ils incarnent, les aidants ont besoin de la reconnaissance – sociale avant tout – qui leur rendra une place que leur sacrifice leur fait perdre souvent. Ils ont également besoin de répit ; il faut donc créer ces temps et ces espaces de répit et organiser les solutions de relais afin d’aménager de véritables pauses, de véritables respirations… 5 priorités ont été ainsi fixées par le Gouvernement :

  • Rompre l’isolement des proches aidants et les soutenir au quotidien dans leur rôle
  • Ouvrir de nouveaux droits sociaux aux proches aidants et faciliter leurs démarches administratives
  • Permettre aux aidants de concilier vie personnelle et vie professionnelle
  • Accroître et diversifier les solutions de répit
  • Agir pour la santé des proches aidants

Ces priorités se déclinent en 17 mesures concrètes, annoncées par le Premier ministre ; citons notamment :

  • un congé de proche aidant dès 2020 (43 euros par jour pour un aidant vivant en couple, 52 euros pour un aidant vivant seul, pour un coût de 100 millions d’euros à l’horizon 2022),
  • un numéro d’appel unique de soutien et d’information des aidants,
  • la création d’un réseau de lieux d’accueil labellisés,
  • la prise en compte du congé rémunéré pour le calcul de la retraite
  • un plan national pour développer et renforcer les solutions de répit (avec éventuellement le recours à des volontaires recrutés auprès des jeunes en service civique ou en service national universel).

Ainsi, pour la première fois, l’Etat définit une stratégie spécifiquement dédiée aux aidants, car leur action doit être soutenue par une mobilisation collective et solidaire. Une enveloppe de 400 millions d'euros leur sera consacrée. N'oublions pas, que les aidants sont aussi des aimants…


Dans le 10e arrondissement de Paris, une Journée de solidarité avec nos ainés, le samedi 26 octobre, permettra à chacun d’entre nous de découvrir, au cours d’un petit déjeuner citoyen avec Paris en Compagnie et La Maison des aînées et des aidants, les dispositifs et acteurs qui travaillent au quotidien auprès des aînés et de leurs aidants pour mieux les accompagner, aider au maintien à domicile et lutter contre leur isolement.


Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10