Quoi de plus illisible pour les Français – illisible et instable – que notre système de retraite ? Il existe en effet aujourd’hui quarante-deux régimes de retraites, organisés par profession et par statut. De fait, les Français n’ont pas tous les mêmes avantages et garanties à l’heure où ils prennent leur retraite. En effet, chaque Français est en moyenne affilié à trois régimes de retraites différents et notre système est hautement dépendant de la croissance économique, ce qui conduit à des ajustements brutaux du calcul des pensions. Plus personne n’a confiance dans ce système et 80 % des Français pensent que le niveau de leur future pension sera insuffisant pour leur assurer un niveau de vie correct. Résultat, ceux qui en ont les moyens cotisent dans des systèmes de retraite par capitalisation, aggravant les inégalités entre les Français.

Emmanuel Macron a pris l’engagement devant les Français de refonder le système afin qu’il soit juste, transparent et qu’il emporte l’adhésion des Français qui pourront alors utiliser leur capital non pas pour épargner pour leur retraite mais pour consommer et donc contribuer au bon fonctionnement de notre économie.

Le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a mené depuis avril, à la demande du Gouvernement, un dialogue constructif avec les partenaires sociaux afin de tracer les grandes lignes de ce nouveau système. Le 10 octobre, il a présenté ses conclusions et les grandes orientations qu’il souhaite retenir :

  • un système universel, commun à tous les Français, qui assurera les mêmes droits à chaque euro cotisé, par chaque Français, quelle que soit sa profession.
  • un régime de retraite qui sera toujours public, toujours par répartition.
  • des mécanismes de solidarité qui seront renforcés avec une meilleure prise en compte des enfants et des interruptions d’activité (maternité, chômage, maladie, invalidité…), la garantie d’un niveau minimum de pension pour ceux qui ont travaillé à temps partiel, des pensions de réversion qui garantiront le niveau de vie du conjoint survivant.
  • l’âge légal de départ à la retraite restera fixé à 62 ans.

Il faut noter que cette réforme ne concernera pas les personnes qui sont déjà à la retraite ni celles qui seront à moins de 5 ans de l’âge de départ à la retraite au moment de l’adoption de la nouvelle loi.

Une nouvelle phase de concertation doit s’ouvrir prochainement sur des points plus précis, en particulier la transition vers ce nouveau système. La complexité d'une telle réforme en profondeur de notre système de retraite et la méthode collaborative retenue pour travailler avec les partenaires sociaux et avec les Français (via des ateliers citoyens et la plateforme en ligne), impliquent de prendre le temps nécessaire. L’ensemble de ces discussions aboutira à un projet de loi qui sera examiné par le Parlement en 2019 pour rendre notre système universel de retraite plus simple, plus juste, pour tous.

Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10


Pour aller plus loin, consultez le Dossier de presse du Gouvernement sur le sujet.