Chaque année, plus de 600 millions d’euros de produits non-alimentaires neufs et invendus sont détruits. Les articles rapportés en magasin pour un échange ou un changement d’avis (ce qui est souvent un argument commercial pour les très grandes enseignes et les spécialistes de la vente par Internet) sont fréquemment jetés. En 2017, la marque de luxe Burberry, par exemple, aurait détruit près de 30 millions d’euros de vêtements neufs invendus ; sur les réseaux sociaux circulent des images d’employés de la marque Celio lacérant et jetant aux ordures des produits invendus… Selon une récente enquête de l’émission Capital, Amazon détruirait chaque année des millions de produits neufs…

Les Français – c’est l’un des messages qu’ils ont portés à l’occasion du Grand Débat national voulu par le président de la République, Emmanuel Macron – ne veulent plus de ces pratiques et de ces gaspillages qui dépassent l'entendement.

C’est pourquoi, le mardi 4 juin dernier, le Premier ministre Edouard Philippe, accompagné de la secrétaire d’Etat à la transition écologique Brune Poirson, a présenté une mesure, qu’il a qualifiée de "première mondiale", pour lutter contre le gaspillage non-alimentaire qui figurera dans le projet de loi anti-gaspillage et pour une économie circulaire présenté en juillet prochain en Conseil des ministres. Ce texte complétera l’arsenal législatif qui existe déjà en France pour lutter contre le gaspillage alimentaire qui interdit aux grandes surfaces de plus de 400 m² de jeter de la nourriture après l’avoir rendue impropre à la consommation, par exemple en l’aspergeant d’eau de javel.

D’ici 2021 – pour les produits qui disposent déjà d’une filière de recyclage, comme les textiles, les équipements électriques et électroniques – et 2023 – pour les produits pour lesquels une filière de recyclage doit être développée – la destruction des produits non-alimentaires invendus sera interdite. Ces produits devront être soit recyclés, soit réutilisés, soit donnés. "Ces produits qui ont été fabriqués, qui ont été commercialisés, et qui n’ont pas trouvé preneur […] se voient trop souvent totalement détruits, brûlés, mis en décharge, jamais valorisés. C’est un gaspillage qui choque l’entendement, scandaleux." a martelé Edouard Philippe. "Notre idée, ce n’est pas de contraindre ou d’imposer, mais d’accompagner les entreprises dans la gestion de leurs stocks, de leur production, du recyclage de leurs produits, faire en sorte que nous passions à une étape nouvelle de notre fonctionnement économique. […] Nous pensons que le recyclage, l’économie circulaire, sont des éléments indispensables pour être à la hauteur des enjeux liés au développement durable, à la protection de notre climat et de la biodiversité."

L’objectif de cette mesure est double. Préserver l’environnement en réduisant l’utilisation des matières premières – dont les métaux précieux, rares, lourds ou de base contenus dans certains appareils électroniques – la consommation d’énergie et la production de CO2 pour fabriquer des produits qui seront finalement jetés sans avoir jamais été utilisés, et développer le don aux associations et aux particuliers, en promouvant une économie circulaire, du partage, du réemploi. Comme l'a rappelé Brune Poirson, le Gouvernement souhaite ainsi encourager la création de nouvelles entreprises et la création d’emplois non délocalisables.

Là encore, le Gouvernement démontre sa mobilisation totale pour répondre au défi majeur de notre siècle : protéger l'environnement pour léguer à nos enfants et nos petits-enfants une planète respirable, où ils pourront encore vivre et qu'ils pourront eux-mêmes léguer à leurs enfants et petits-enfants, nos descendants. Chacun à notre niveau, nous avons un rôle à jouer et, grâce à ce projet de loi anti-gaspillage et pour une économie circulaire, citoyens, entreprises, collectivités et Etat auront des leviers supplémentaires pour consommer de manière responsable et participer toujous plus activement à la transition écologique.


Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10