Le président de la République, Emmanuel Macron, et la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ont dévoilé le mardi 18 septembre le plan santé du Gouvernement, intitulé Ma Santé 2022, qui vient compléter le volet social de la politique du Gouvernement, inauguré par la présentation, jeudi 13 septembre, de sa stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté.

Ce plan vise à permettre un meilleur accès à la santé pour tous, à réorganiser le service hospitalier et à soulager la médecine libérale. Notre système de santé, à reconstruire, devra être centré sur le patient et son parcours de soin - car la santé est la priorité n°1 des Français - et vise à décloisonner médecine de ville et médecine hospitalière, tout en associant dans le dispositif les cliniques privées.

Au niveau général, le numerus clausus va être supprimé dès 2020. Ce système, qui représente un véritable traumatisme pour les jeunes étudiants en médecine, est également la cause de la pénurie de médecins qui provoque des déserts médicaux. Pour lutter contre ces déserts médicaux - que l’on retrouve en milieu rural, mais pas seulement puisque la région Île-de-France manque également de médecins - quelques 400 médecins salariés seront recrutés.

Au niveau de la médecine libérale, 4 000 postes d’assistants médicaux vont être créés et financés pour dégager du temps de consultation médicale en prenant en charge certains actes médicaux comme la prise de tension et les actes administratifs. Les médecins seront incités à s’organiser en Communauté professionnelles territoriales de santé (CPTS) sur un territoire ; les patients pourront ainsi téléphoner à un numéro unique qui les orientera alors vers un praticien adapté et disponible au sein de cette communauté (généraliste, spécialiste, kinésithérapeute…).

Au niveau de la médecine hospitalière, le plan prévoit une refonte de la carte hospitalière, sans fermeture d’hôpital, ainsi que la création de centres de santé de proximité, associant médecins libéraux et médecins hospitaliers, qui aideront à désengorger les services d’urgence, aujourd’hui saturés, pour la prise en charge des urgences qui ne nécessitent pas une médecine de pointe. La T2A, qui assure aujourd’hui intégralement le financement des hôpitaux en fonction de la quantité d’actes effectués, ne participera plus qu’à hauteur de 50% de ce financement ce qui devrait réduire le nombre d’actes réalisés de manière parfois peu opportune.

Parmi la cinquantaine de mesures présentées dans ce plan, nous pouvons citer également des mesures fortes en faveur de la psychiatrie, de la vaccination, de la lutte contre le tabagisme, de la contraception, de la lutte contre les MST et les IST, d’un virage numérique du système de santé, de la télémédecine (qui sera désormais remboursée par la Sécurité sociale)… Le dossier médical partagé sera accessible à chaque Français, en ligne.

Nous pouvons aussi rappeler, dans cet arsenal gouvernemental en faveur de la santé des Français, le reste à charge zéro dans les secteurs de l’optique, du dentaire et de l’audioprothèse afin d’éviter le renoncement à certains équipements.

Pour financer ces mesures, un effort budgétaire considérable va être consenti. Le président de la République a indiqué que les crédits de l’assurance maladie, en 2019, seront relevés de 400 millions d’euros par an, avec un effort particulier pour l’outre-mer, et que l’Objectif national de dépense d’assurance maladie (Ondam) sera relevé à 2,5 % au lieu des 2,3 % prévus.

Le plan Ma Santé 2022 sera doté d’un budget de 3,4 milliards d’euros d’ici 2022, dont près d’un milliard en faveur de l’investissement hospitalier. Dans le détail, 1,6 milliard d’euros seront consacrés à la structuration des soins dans les territoires, 920 millions à l’investissement hospitalier, 500 millions à la transformation numérique et 420 millions à l’évolution des métiers et des formations.

Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10


Pour aller plus loin, consultez le Dossier de presse du ministère des Solidarités et de la Santé ou le discours du président de la République