Evidemment, le projet de loi intitulé "Pour une école de la confiance" et porté par le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, Jean-Michel Blanquer, n’échappe pas à la mode des fake-news et des interprétations erronées, voire mensongères, qui semblent même être de nos jours le point de passage obligé d’une grande réforme, de celles qui bousculent les conservatismes ambiants de notre société.

Parmi les mesures notables de ce texte, soulignons l’obligation d’instruction dès trois ans, contre six actuellement. Aujourd’hui, 97,6% des enfants âgés de trois ans sont déjà scolarisés, et presque 100% des enfants de 4 à 5 ans. Cette réforme ne concernera donc que peu d’enfants (environ 26 000) mais consacrera ce que les études scientifiques ont démontré, à savoir qu’il existe une "forte corrélation entre la fréquentation d’un établissement préélémentaire et la performance des élèves". Il ne s’agit pas de retirer les enfants de leur famille qui conserve, évidemment, un rôle important dans l’éducation des enfants et leur adaptation à notre société. L’accompagnement financier de cette mesure a été prévu et le coût en sera supporté par l’État, qui compensera les collectivités territoriales.

Le contrôle de l’instruction en famille sera renforcé à domicile avec la possibilité, en cas de refus répétés de ces contrôles, d’une mise en demeure pour inscrire l’enfant dans un établissement d’enseignement scolaire, public ou privé. Là non plus, il ne s’agit pas d’ingérence au sein des familles, mais bien de préserver l’obligation de l’enfant à recevoir une instruction de qualité et conforme à la réalité des programmes.

Afin de renforcer les personnels, les étudiants en licence et en master (niveaux L2 et M1) pourront découvrir le métier d’enseignant dans un parcours de pré-recrutement ayant pour objectif de renforcer l’attractivité du métier. Ces étudiants feront de l’aide aux devoirs ou de la co-intervention. En aucun cas, ils ne prendront en charge une classe seuls. Cet appui par des étudiants, dans les collèges et les lycées, se fera prioritairement dans les disciplines qui connaissent actuellement des difficultés en matière de recrutement : mathématiques, lettres, anglais ou encore allemand. Il est donc faux de prétendre que les cours ne seront plus donnés par des enseignants diplômés mais par des étudiants. Profitons de cette occasion pour rappeler que dans les universités des professionnels, non-enseignants, participent à la formation des étudiants dans le cadre des travaux dirigés.

Des Instituts nationaux supérieurs du professorat vont remplacer les Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation, créées par Vincent Peillon. Leurs directeurs seront nommés par arrêté ministériel et plus par le conseil de ces Ecoles. Il ne s’agit nullement d’une "reprise en main par le ministère de la formation des maîtres", comme le prétend le Snes-FSU, mais d’une mise en cohérence de la formation des enseignants.

Par ailleurs, les principaux de collège ne vont pas remplacer les directeurs d’école primaire qui continueront à être en charge de la gestion de ces écoles. En revanche, le projet de loi prévoit de créer des "établissements publics des savoirs fondamentaux" en rapprochant école primaire et collège pour construire un projet pédagogique cohérent avec une équipe rassemblée autour d’une vision commune. Mais rien ne se fera sans l’accord préalable des collectivités et rien ne sera obligatoire.

Enfin, l’article 1er du projet de loi rappelle le devoir "d’exemplarité" des enseignants ainsi que le devoir de neutralité de tout fonctionnaire. La liberté d’expression des enseignants n’est nullement remise en question, et le texte rappelle en contrepartie le respect dû par les élèves et leurs parents à l’institution et à l’ensemble de ses personnels. Une réciprocité qui permettra un meilleur vivre ensemble, de conserver le "lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation", mais en aucun cas de bâillonner les enseignants.

Ce projet de loi vise avant tout à rétablir les performances de l’éducation nationale, au service de nos enfants, tout en retissant les liens de confiance et de respect entre ce service public indispensable et les familles. L’école est le lieu d’apprentissage de la citoyenneté, de la culture et des savoirs. Et la présence obligatoire des symboles de notre République (drapeau tricolore, paroles de l’hymne national), du drapeau européen et d’une carte de France, y compris ses territoires ultra-marins, ne peut que renforcer le sentiment de faire Nation et d’appartenir à une communauté de femmes et d’hommes unis par de mêmes valeurs et un même destin collectif.

Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10 & Philippe Basler, directeur d'école & co-animateur du groupe de travail parisien "éducation et petite enfance"


Pour aller plus loin, consultez le dossier sur le projet de loi sur le site du Ministère de de l'éducation nationale.