… À l’opposé des programmes économiques des autres candidats, campés sur des mesures et des postures idéologiques et archaïques.

À droite, François Fillon. Héritier de Reagan et de Thatcher, il est le grand défenseur d’une politique de l’offre sans garde-fous, d’un ultralibéralisme brutal qui s’apparente à une jungle où le plus fort gagne. Il multiplie les cadeaux aux entreprises, sans demander la moindre contrepartie, sans s’assurer qu’in fine les salariés en profiteront grâce à une augmentation de leur pouvoir d’achat. Il propose la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, soit près de un sur dix, sans s’interroger sur le devenir des missions souvent indispensables qu’exercent ces agents publics dans l’appareil d’État, dans les collectivités locales et, surtout, dans la fonction publique hospitalière. Il rompt le pacte social qui existe dans notre pays depuis le Général de Gaulle en revenant sur une protection sociale véritablement égalitaire. Il ouvre la porte aux marchés sans imposer la moindre régulation, sans prévoir la moindre orientation des bénéfices vers ceux qui en ont le plus besoin…

À gauche, Benoît Hamon et sa politique de la demande comme le Parti Communiste Français de Georges Marchais n’avait même pas osé en rêver, avec une distribution sans contrepartie des richesses. Avec Benoît Hamon, ce sont les caisses de l’État ouvertes et mises à la disposition de tous sur les trottoirs de la République. Il théorise le revenu universel, sans obligation de travail, source d’une paupérisation rampante, aveu d’un renoncement quant à la lutte contre le chômage. Ce faisant, il dévalorise la valeur travail, pourtant moteur de l’insertion et de l’accomplissement social. La taxation des machines, que nous proposait déjà Michel Rocard dans les années 60, conduira plus encore qu’aujourd’hui, les entreprises à délocaliser là où une telle mesure n’existe pas — c’est-à-dire partout ailleurs — et notamment dans les pays où les coûts de production et de main d’œuvre sont moindres.

À l’extrême-droite, Marine Le Pen et sa sortie de l’Euro, en feignant d’oublier qu’avant la monnaie unique, les dévaluations “compétitives” des monnaies nationales entraînaient de grandes incertitudes dans les échanges et constituaient des freins au commerce mondial. Marine Le Pen qui oublie que l’Europe, depuis la CECA, c’est soixante-dix années de paix entre des puissances qui s’affrontaient régulièrement au cours des siècles précédents.

À l’extrême-gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui lorgne sur le Venezuela d’Hugo Chavez et le Brésil de Dilma Rousseff, souhaite sans doute à la France le même naufrage, au nom d’une idéologie que l’on croyait oubliée depuis la chute du bloc Soviétique, à l’exception de ces deux anachronismes que restent la Corée du Nord et la Chine — encore que cette dernière n’ait plus de communiste que ses institutions et sa conception odieuse des libertés individuelles.

Le projet d’Emmanuel Macron, salué par les économistes comme un programme prudent, équilibré et néanmoins ambitieux, trouve ses fondements dans le réalisme et le pragmatisme.

Le réalisme du projet économique d’Emmanuel Macron, ce sont des hypothèses de croissance prudentes, comprises entre 1,4 % en 2017 et 1,8 % en 2022, quand les autres candidats voudraient nous faire rêver avec une croissance à plus de 2 % dès l’année prochaine ; il est en effet inutile d’établir une politique économique sur des fondamentaux que tout le monde sait erronés ou trop audacieux et qui nécessiterait — oh ! surprise — de creuser un peu plus les déficits, comme cela a été fait depuis 40 ans, pour joindre les deux bouts. Le réalisme du projet économique d’Emmanuel Macron, c’est aussi le respect des engagements européens de la France, avec une prévision de déficit pour 2017 de 2,9 % du PIB, ce qui correspond aux recommandations faites par la Commission de Bruxelles ; car accumuler les déficits revient à tirer des chèques en blanc sur les générations futures. Rappelons-nous que grâce aux Gouvernements passés, un enfant français qui naît a déjà 30 000 euros de dettes publiques sur les épaules… Le réalisme du projet économique d’Emmanuel Macron, c’est également, selon les propos de Jean Pisani-Ferry, “une stratégie qui repose fondamentalement sur l’offre mais, en même temps, qui a des effets de demande”. Le réalisme du projet économique d’Emmanuel Macron, c’est aussi la fin de la cogestion par les partenaires sociaux de l’assurance-chômage, incapables d’enrayer le phénomène du chômage de masse ; il est grand temps de revoir un système qui n’a pas su venir à bout du fléau de la fin du 20e siècle.

Le projet économique d’Emmanuel Macron, c’est aussi le pragmatisme, avec :

  • un plan de 50 milliards d’euros d’investissements publics, répartis entre un plan de formation des jeunes et des demandeurs d’emploi (15 milliards), la transition écologique (15 milliards), la numérisation des administrations (5 milliards), l’agriculture (5 milliards), les transports locaux (5 milliards) et la santé (5 milliards)
  • une réforme du taux de l’impôt sur les sociétés, avec un taux réduit pour les PME, afin d’encourager l'entrepreneuriat et de libérer les énergies
  • une réforme de la fiscalité du capital pour éviter toute mesure qui pourrait être perçue comme confiscatoire ; réussir et posséder ne doit pas être un facteur de stigmatisation, la réussite individuelle doit être encouragée
  • une baisse de la dépense publique, sur la durée du quinquennat, de 3 points de PIB, soit 60 milliards d’euros d’économie à répartir sur l’État (25 milliards), les collectivités locales (10 milliards) et la sphère sociale (15 milliards sur l’Assurance-maladie et 10 milliards sur l’indemnisation chômage). Des économies réalistes et pragmatiques, sans remettre en cause la protection sociale des Français, pilier de notre pacte républicain, sans dégressivité de l’indemnité de chômage mais en mettant les demandeurs d’emploi face à leurs responsabilités en les formant et en leur faisant des propositions réalistes de nouvel emploi, sans toucher aux retraites, etc.
  • le non renouvellement de 120 000 fonctionnaires sur la durée du quinquennat (État : 50 000 ; fonction publique territoriale : 70 000), sans toucher à la fonction publique hospitalière
  • une réforme structurelle de l’assurance-chômage.

À l’opposé des programmes économiques des autres candidats à l’élection présidentielle, campés sur des mesures et des postures idéologiques et archaïques, le projet économique d’Emmanuel Macron est un projet social, c’est-à-dire qui protège, tout en faisant preuve de souplesse — puisqu’il libère les énergies et encourage l’effort individuel. Plus qu’hier et moins que demain, En Marche !