Les oppositions, dans une démocratie – et sauf surprise – sont là pour s’opposer. La France Insoumise, le Rassemblement National, Les Républicains, le Parti Socialiste, sans surprise donc, ont déclaré à la seconde même où le président de la République avait terminé son allocution, lundi 10 décembre, un peu après 20h15, que le compte n’y était pas.

Et pourtant…

Cette intervention, minutieusement préparée à n’en pas douter, répondait aux attentes de la majorité des Français et correspondait aux revendications (aux plus structurées d’entre elles, à tout le moins) des gilets jaunes. Elle répondait aussi, et certainement surtout, à une colère née à la fin des années soixante-dix, à la fin des Trente Glorieuses, et nourrie par quarante années d’endettement, de remèdes d’urgence appliqués en dehors de toute mesure structurelle et de réforme de l’appareil d’Etat, d’errements politiques.

Dans la forme, d’abord. Solennel, grave, présidentiel évidemment, Emmanuel Macron a incarné une présidence proche des Françaises et des Français. Interpellant l’imagination de chacun, il a décrit avec précision les difficultés que rencontrent certains d’entre nous, montrant ainsi qu’il connaissait très bien (et bien mieux que certains esprits chagrins le pensaient) ses concitoyens. Humble, avec une part d’autocritique, le président de la République a reconnu des erreurs de communication et des brusqueries de langage. Avons-nous le souvenir de chefs de l’Etat français faisant un mea culpa tout en gardant autorité et dignité ? Non…

En rappelant l’importance de ne pas aggraver la dette économique et la dette écologique, le président de la République a décrété un état d’urgence économique et social : « Nous voulons une France où on peut vivre dignement de son travail, dès le début de l'année. »

Quatre mesures ont été ainsi annoncées pour accélérer les efforts pour le pouvoir d’achat des Français, pour que le travail paie mieux. Quatre mesures – rappelons-le donc aux oppositions qui s’opposent par principe – qui correspondent aux principales revendications des gilets jaunes.

  • Une hausse de 100 euros pour les travailleurs touchant le Smic, sans que cela ne pèse sur l’employeur afin de ne pas pénaliser les entreprises. Il s’agit d’une promesse de campagne, qui devait être mise en oeuvre d’ici la fin du quinquennat, et qui sera accélérée pour entrer en vigueur en 2019.
  • La défiscalisation et la désocialisation des heures supplémentaires, revenant sur une décision prise par François Hollande lors du quinquennat précédent. A partir de 2019, la rémunération des heures supplémentaires sera versée sans qu'aucun impôt ou charge ne soit prélevé dessus.
  • La défiscalisation et la désocialisation des primes de fin d’année.
  • L’annulation de la hausse de la CSG pour les retraites inférieures à 2 000 euros.

Le président de la République a également annoncé un renforcement de la justice fiscale : les dirigeants des grandes entreprises françaises devront payer leurs impôts en France et les grandes entreprises qui réalisent des profits en France devront payer l’impôt français.

Aujourd’hui avec ces annonces fortes, et malgré les appels irresponsables du leader de la France Insoumise à un cinquième round insurrectionnel (engageant par là sa responsabilité dans les éventuelles dégradations et les éventuels blessés ou – pire – morts qui pourraient survenir si de nouvelles violences devaient se produire à Paris comme en région dans les jours prochains), la liberté de circuler et de commercer, dans notre pays, à quelques jours des fêtes de fin d’année, devrait être rétablie. Le temps de la négociation – large, associant les maires de France – s’ouvre ; il faut lever les barrages qui pèsent sur la vie des Français.

"Mon seul souci, c’est vous, mon seul combat, c’est pour vous, notre seule bataille, c’est pour la France."

Dans cette intervention, Emmanuel Macron a rappelé l’homme d’écoute, de dialogue et de compréhension qu’il est ; qualités qui l’ont conduit à la présidence de la République où les Français lui ont confié la lourde et difficile mission de structurer – enfin – notre vie économique, sociale et environnementale en l’adaptant aux enjeux de ce siècle, décidemment bien turbulent.

Rémi Chauvet, Référent LaREM Paris 10