Nous vivons une époque formidable. Nos compatriotes, à juste titre, sont devenus, au fil des décennies, très sensibles à deux sujets. Le premier, d’ordre général, est le principe de précaution. A ce titre, combien d’antennes de téléphonie mobile ont été déplacées, refusées, supprimées (alors que, dans le même temps, nous demandons à l’Etat de supprimer les zones dites blanches, ces endroits de France où la couverture de téléphonie mobile est inexistante…), combien de médicaments ou de produits de consommation courante ont été retirés du marché, par précaution, justement. Le second sujet est l’écologie. Lors des enquêtes d’opinion, les Français réaffirment – et il faut le saluer – leur attachement à l’écologie, à la protection de l’environnement. Ils ont, à cet égard, applaudi l’entrée de Nicolas Hulot dans le Gouvernement d’Edouard Philippe puis fortement regretté sa démission, et placent aujourd’hui, dans tous les sondages, l’ex-ministre de la transition écologique et solidaire en tête de leurs personnalités politiques préférées.

Aujourd’hui, le président de la République met en œuvre la transition écologique avec, en particulier, la convergence des prix entre l’essence et le diesel, c’est-à-dire la suppression de l’avantage fiscal accordé jusqu’à présent au diesel dont on connaît aujourd’hui les ravages qu’il provoque sur la santé à travers les particules fines qu’il émet. Faisant cela, il respecte le programme sur lequel il a été élu il y a dix-huit mois ainsi que l’Accord de Paris sur le climat approuvé le 12 décembre 2015 et entré en vigueur le 4 novembre 2016. Rappelons au passage que Nicolas Hulot, le 30 août 2017, annonçait déjà cette convergence diesel-essence…

Bien sûr, les Français vont payer quelques taxes supplémentaires. Soyons honnêtes, les chiffres annoncés ici ou là par les fameux « gilets jaunes » ne correspondent à rien, et surtout pas à une augmentation de 20 euros sur un plein comme l’affirmait il y a quelques jours un ancien ministre du budget. Car ce qui fait varier le plus le prix de l’essence ou du diesel à la pompe, c’est le cours du baril de pétrole dont le prix est fixé bien loin de chez nous, par les pays producteurs.

Ces nouvelles taxes collectées vont être utilisées par l’Etat ; aussi pour la transition énergétique. Mais pas seulement, car il n’y a pas de principe de fléchage de l’impôt. Sinon, comment seraient financées la police ou l’école puisqu’il n’y a pas de ressources liées ? Mais, nouvelles ressources dans le budget de l’Etat, ces taxes permettront de financer de nouvelles dépenses en matière de transition écologique.

C’est aussi pour réduire notre dépendance énergique vis-à-vis de pays qui ne sont pas toujours amis, pas toujours stables, pas toujours démocratiques, qu’il est nécessaire de réduire notre consommation d’énergies fossiles au profit d’énergies renouvelables que nous maîtrisons.

Grâce à ces efforts, consentis par tous les Français et pour notre bien à tous (n’oublions pas les 48 000 morts par an du fait de la pollution, ce qui devrait nous conduire à appliquer notre principe de précaution), nous réduirons l’empreinte de notre pays sur l’environnement. Et ce sont nos enfants qui en profiteront. Sauf à vouloir leur laisser une terre en proie aux catastrophes naturelles, à la pollution et à l’appauvrissement dramatique de la flore et de la faune…

Alors oui, face à la grogne parfois légitime de Français qui n’ont pas le choix d’acheter un véhicule moins polluant (et dès lors qu’ils ne sont pas manipulés par ceux qui veulent de manière pathétique rejouer l’élection de 2017), le Gouvernement d’Edouard Philippe a annoncé plusieurs mesures d’accompagnement comme l’augmentation du chèque énergie, la prime de conversion pour la voiture ou la prime de conversion pour la chaudière. Ces mesures doivent aider les Français dans cette transition écologique.

Il est bien difficile, dans notre pays, de réformer. Nous sommes emplis de principes généreux mais acceptons mal la remise en cause de nos habitudes. Toutefois, les observateurs de bonne foi savent que cette mesure, comme tant d’autres mises en œuvre depuis les élections de 2017, sont nécessaires, tout à la fois pour respecter les accords internationaux auxquels nous sommes à juste titre attachés mais aussi pour le bien-être à moyen et long terme de nos compatriotes.

En somme, des grincements de dents aujourd’hui – qu’il faut entendre et auxquels il faut répondre – pour des applaudissements demain – qu’il faudra recevoir avec humilité.

Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10