…pendant que François Fillon trahit progressivement ses électeurs de la primaire de la droite.

“Je ne changerai pas mon programme ni avant ni après, peu importe qui me soutient. La France a besoin d’un projet radical pour se redresser”, François Fillon en novembre 2016 au lendemain de sa victoire à la primaire de la droite. Deux mois plus tard, les soutiens sont ébranlés, le projet radical ne séduit plus, François Fillon revient sur ses propositions en matière de santé. Après 36 ans d’une vie politique déjà bien remplie, le candidat Les Républicains nous offre un énième revirement, cocasse celui-ci car il va même jusqu’à reprendre à son compte certaines propositions faites par Emmanuel Macron.

François Fillon, de l’art de changer de posture en fonction de l’électorat ciblé

Novembre 2016, l’enjeu pour François Fillon est de gagner la primaire à droite ; février 2017, les enjeux sont désormais de pouvoir rester le candidat Les Républicains, de pouvoir parler de ses propositions plutôt que des “affaires” et d’essayer de séduire un électorat plus large.

Novembre 2016, celui qui nous promettait “du sang et des larmes” s’était alors engagé à mettre en place une “règle d’or” budgétaire devant permettre d’équilibrer les comptes de la Sécurité sociale. Février 2016, du propre aveu de Jean Leonetti, spécialiste auto-proclamé des questions de santé et auteur de deux lois successives sur la fin de vie dont l’inefficacité est constamment démontrée par de nombreuses affaires médiatiques (Chantal Sébire, Vincent Lambert, le docteur Bonnemaison, etc.), “l’inscrire aujourd’hui serait une folie”. Exit la “règle d’or”, donc.

Novembre 2016, les Françaises et les Français découvraient avec inquiétude que dans la France de François Fillon seules les affections graves et les maladies longues durées seraient prises en charge par l’Assurance Maladie, les “petits soins”, les “petites maladies” seraient du ressort des complémentaires santé auxquelles les personnes les plus démunies n’ont pas accès. En clair, François Fillon souhaite diminuer la prise en charge des dépenses par l’Assurance Maladie et réduire l’accès aux soins pour les personnes n’ayant pas les moyens de payer une complémentaire santé. Février 2016, François Fillon ne s’adresse plus aux électeurs de la primaire de droite, mais essaye d’amadouer l’ensemble des Français, avec une nouvelle position, ou posture politicienne, devrais-je dire, beaucoup plus sociale cette-fois :

  • “le niveau de prise en charge des dépenses” par l’Assurance Maladie “ne diminuera pas”, avec un objectif à l’horizon 2022 “d’un reste à charge zéro pour les dépenses les plus coûteuses grâce à un nouveau partenariat entre la Sécurité sociale et les organismes complémentaires”. Sans préciser toutefois le mode de financement d’une telle amélioration des remboursements.
  • la prise en charge “à 100 % des lunettes pour enfants” par l’Assurance Maladie ; quand Emmanuel Macron proposait, dès décembre 2016, la prise en charge à 100 % pour tous — et pas uniquement pour les enfants — des lunettes, des prothèses dentaires et des prothèses auditives.
  • le “remboursement des téléconsultations” et l’augmentation des “aides à l’acquisition d’une complémentaire santé” pour les retraités “les plus modestes”, etc.

Mais ne nous y trompons pas. Sous couvert de propositions à première vue sociales et solidaires, le programme de François Fillon en matière de santé reste un programme inégalitaire et dangereux. Il souhaite par exemple toujours supprimer l’Aide Médicale d’État, notamment pour les sans-papiers. C’est-à-dire que dans cette France dont nous ne voulons pas, cela revient à faire payer la santé aux étrangers qui vivent sur notre territoire, en d’autres termes les priver de soins et donc menacer directement la santé des Français, en acceptant que certaines maladies pourtant éradiquées prospèrent de nouveau sur notre territoire. La France que nous propose François Fillon, est une France qui revient sur ses valeurs, son humanisme, son ouverture au monde et sa bienveillance. Ces valeurs qui doivent continuer à faire notre fierté et à être enviées par le monde entier.

Emmanuel Macron, des propositions concrètes et surtout constantes

Les revirements de François Fillon sur son programme de santé sont révélateurs des tactiques politiciennes, dont nous, les Françaises et Français, sommes écœurés et qui visent seulement à attirer le plus grand nombre d’électeurs selon l’actualité du moment. Ils révèlent aussi l’inadéquation avec les attentes de nos concitoyens, des programmes construits de toutes pièces par un cercle restreint d’éminences grises.

En lançant son Mouvement En Marche !, Emmanuel Macron a fait le choix de donner du temps à l’échange et à la discussion. Cela tranche avec l’habitude des vieux partis qui consiste à asséner dès le départ des programmes sous forme de promesses électorales. Mais comme le dit l’adage, “les promesses n’engagent que ceux qui y croient”… Cette démarche, mise en œuvre par le Mouvement En Marche !, est une démarche moderne, assumée, qui prend du temps, mais grâce à laquelle le projet que nous portons avec Emmanuel Macron bénéficie d’une légitimité incontestable. Les propositions en matière de santé que nous défendons sont claires et concrètes (et disponibles ici). Elles s’adressent à tous, avec une réelle volonté d’égalité des territoires dans l’accès aux soins :

  • Amélioration de la couverture santé avec la prise en charges à 100% des lunettes, prothèses dentaires et prothèses auditives d’ici à 2022,
  • Ré-instauration de la prise en charge à 100 % des 50 000 patients par an atteints par une forme sévère d’hypertension artérielle. Ces patients étaient pris en charge à 100% jusqu’en 2011, quand un décret signé par François Fillon, contre l’avis unanime de la communauté médicale, les a alors privé de cette couverture justifiée.
  • Vente de certains médicaments à l’unité et garantie du non déremboursement des soins,
  • Mise en place d’un service sanitaire de 3 mois durant lesquels les 40 000 étudiants de santé consacreront de leur temps à des actions de prévention dans les établissements et les entreprises,
  • Multiplication par deux du nombre de maisons de santé d’ici 2022 pour lutter contre les déserts médicaux en facilitant l’accès aux soins, tout en créant des environnements médicalisés complémentaires aux hôpitaux et moins coûteux,
  • Lancement d’un plan d’investissement de 5 milliards pour l’innovation technique médicale, afin d’équiper nos professionnels de santé, et trouver le financement pérenne de l’acte de consultation de télémédecine.

“Graves maladies”, “petites maladies”, gros risques, petits risques, pour nous, progressistes, il n’y en a qu’un seul et il est énorme, c’est le projet flou, changeant au gré du vent et des affaires, socialement inégalitaire ; c’est le projet proposé par François Fillon.