Ce samedi 1er décembre, c'est la Journée mondiale de lutte contre le sida. Elle fut établie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dès 1988 et a été approuvée par l’assemblée générale des Nations Unies.

Dans le monde, 36,9 millions de personnes vivent avec le VIH et 1,8 millions de personnes ont été nouvellement infectées l’année dernière. 940 000 personnes sont mortes en 2017 de maladies liées au sida. En France, ce sont 152 000 personnes qui vivent avec le VIH/sida et 6 000 nouvelles découvertes de séropositivité qui sont faites chaque année. On estime que 25 000 personnes ignorent leur séropositivité. La région Île-de-France est la région de France métropolitaine la plus touchée. Et Paris est une ville où la présence du virus reste malheureusement très forte.

Comme le déclare Jean-Luc Romero-Michel, président d’Elus Locaux Contre le Sida, « le sida se soigne aussi par la politique ». En effet, il faudrait mettre un peu plus de 20 milliards d’euros sur la table chaque année pour éradiquer, au niveau mondial, la pandémie de sida qui a déjà tué près de 40 millions de personnes. En comparaison, la France paie chaque année plus de 40 milliards d’euros en intérêt pour sa dette publique. Le double…

Ces 20 milliards d’euros permettraient de mettre en œuvre à l’horizon 2020 la stratégie gagnante dite 90/90/90, à savoir :

  • 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique,
  • 90% des personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement anti-rétroviral durable,
  • 90% des personnes recevant un traitement anti-rétroviral ont une charge virale durablement supprimée.

En effet, on sait de manière absolument certaine qu’une personne dont la charge virale est indétectable ne peut pas transmettre le virus du sida. Avec un brin de provocation, certains spécialistes affirment ainsi – à juste titre – que le meilleur moyen de se protéger du sida est de faire l’amour avec une personne séropositive sous traitement.

Par ailleurs, une autre arme – essentielle – de lutte contre la pandémie de sida (et contre l’ensemble des infections sexuellement transmissibles), c’est le préservatif. Il faut continuer à en promouvoir l’usage et le mettre à disposition partout où cela est nécessaire (lieux festifs, de rencontres, de consommation de sexe…).

A cet égard, notre ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé le 27 novembre dernier qu’à compter du 10 décembre, le préservatif fera l’objet d’une prise en charge par l’Assurance maladie. Le fabricant français Majorelle a d’ores et déjà obtenu un remboursement à hauteur de 60% (sur prescription médicale) de son préservatif Eden. La boîte de 6, à 1,30 euros, revenant alors à 52 centimes. Le prix d’une demie baguette…

L’éradication de la pandémie de sida, la pire pandémie qu’a connue le monde, est aujourd’hui possible si le monde s’en donne les moyens. Malgré ses difficultés économiques, la France maintient son rôle de grande puissance fortement engagée dans la lutte contre le sida, tant au niveau de la recherche que de ses contributions financières et de la prise en charge des malades. Prophylaxie pré-exposition, traitement post-exposition, tests rapides, auto-tests, l’arsenal disponible est vaste. Il ne peut néanmoins être réellement efficace sans l’information, l’éducation et le respect des différences de chacun…

Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10