Une bonne politique, dit-on, est une politique mesurée. Qui garantit les droits de chacun et protège nos valeurs fondamentales. Lorsque l’extrême gauche "s’indigne" et que l’extrême droite parle de "mesurettes", un Premier ministre digne de ce nom peut être certain qu’il a trouvé la juste voie. Et c’est dans cette ambiance et sous ces commentaires, que le chef du Gouvernement a présenté, à l’occasion du comité interministériel sur l’immigration et l’intégration de ce mercredi 6 novembre 2019, ses vingt mesures pour reprendre le contrôle de la politique migratoire de la France. "Aucune mesure n’a vocation à être spectaculaire, mais la somme change assez spectaculairement l’approche de la politique migratoire", déclarait Gilles Le Gendre, président des députés du groupe La République en Marche à l’Assemblée nationale.

"La France doit contribuer à réduire les déséquilibres en matière de richesse et à bâtir les chemins de la paix et du développement", a déclaré Edouard Philippe. C’est ainsi que l’Aide publique au développement sera redéployée ; une aide qui sera portée à 0,55% du PIB en 2022. Permettre aux populations de trouver la sécurité, y compris sanitaire, et du travail dans leur pays d’origine reste la meilleure approche. Mais elle ne suffit malheureusement pas, et la migration doit alors être pensée et maîtrisée. Pour le bien de tous…

L’immigration familiale sera protégée, y compris en luttant contre son détournement. L’humanité n’exclut pas la fermeté et le respect de nos règles de solidarité.

La lutte contre les abus concernant notre système social et l’accès aux soins sera renforcée. Un délai de carence de trois mois sera instauré pour les demandeurs d’asile afin d’accéder à la Protection universelle maladie (PUMa) ; actuellement, elle est accessible dès le dépôt de la demande, entrainant parfois un "dévoiement" selon les données de la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn. L’Aide médicale d’Etat ne sera pas modifiée, mais certains actes non-urgents pourront faire l’objet d’un accord préalable de la Sécurité sociale. Un meilleur contrôle de l’Aide aux demandeurs d’asile sera exercé. Tout cela afin de poursuivre l’octroi d’une aide indispensable à la santé des populations, mais en évitant qu’elle ne devienne un argument migratoire ou qu’elle n'échappe à toute gestion rigoureuse des finances publiques.

L’intégration par le travail devient un marqueur de ces nouvelles mesures. Le Gouvernement va fixer et faciliter les conditions d’une immigration économique légale, en particulier grâce à l’instauration de quotas. Le détail des filières en tension va être revu et actualisé afin de s’ajuster en temps réel aux besoins des entreprises implantées sur le territoire national. Le besoin des entreprises fera l’objet d’une évaluation grâce à un nouvel outil statistique, ce qui permettra la définition d’objectifs chiffrés pour les travailleurs étrangers, c’est-à-dire la mise en place de quotas ; quotas qui seront débattus annuellement au Parlement, dans le cadre du débat voulu par le président de la République.

Les conditions d’accès à la nationalité seront renforcées. Edouard Philippe a rappelé la nécessité d’avoir en la matière une exigence ferme et forte.

L’espace Schengen devra être refondé – la France prendra l’initiative – et le régime de l’asile européen sera revu, amélioré et protégé pour éviter son détournement.

Enfin, le délai d’instruction des dossiers pour les demandeurs d’asile sera réduit et ramené à 6 mois – contre 12 actuellement – grâce à des crédits supplémentaires alloués à l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). Les procédures d’éloignement des déboutés de l’asile seront revues pour être accélérées, notamment pour les demandeurs en provenance de pays sûrs.

A l’occasion de ce comité interministériel, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a annoncé pour la fin de l’année le démantèlement des campements du nord-est parisien : "Nous ne pouvons accepter les conditions d’hébergement dangereuses et insalubres de certains campements. […] Nous prenons en particulier l’engagement d’évacuer d’ici la fin de l’année les campements du nord-est parisien." Ce qui implique une mise à l’abri et l’examen des situations individuelles.

Par ces mesures, le gouvernement français entend rassurer les citoyens sans céder aux populismes d’où qu’ils viennent, ni aux angélismes, tout en restant fidèle aux valeurs de la République et réaliste face aux changements qui bouleversent le monde.


Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10