A l’occasion de la grogne des fameux Gilets Jaunes, s’est exprimée l’inquiétude légitime de ceux des Français qui n’y arrivent plus et auxquels les différents plans présentés par le Gouvernement doivent répondre (plan santé, plan pauvreté, plan logement, plan retraite…). Le Gouvernement l’a entendue et a pris plusieurs mesures d’aide en conséquence (chèque énergie, primes à la conversion…). Mais nous avons aussi pu voir dans ces rassemblements, des extrémistes de tous bords, des homophobes, des antisémites, des racistes, des personnes suffisamment haineuses pour empêcher d’autres Français d’aller et venir, souvent pour de bonnes raisons (rendez-vous de médecin, travailleurs du week-end…). Ces actions, violentes, débordantes, insultantes, n’ont pas à être tolérées et il est heureux que la justice s’en empare au plus vite.

Dans le 10e arrondissement, heureusement, aucun débordement n'a été constaté : nous sommes bien loin des lieux du pouvoir. Néanmoins, ici ou là (parfois sur des passages piétons fraichement repeints par la collectivité et financés par les taxes locales) ont fleuri des inscriptions « Stop aux taxes », comme par exemple dans la rue du Faubourg-Saint-Denis…

Nous, Français, sommes parfois schizophrènes. Nous exprimons souvent un ras-le-bol fiscal à l’égard des prélèvements publics obligatoires (PPO) qui avoisinent les 45%, soit 10 points au-dessus de la moyenne de l’OCDE, et dans le même temps nous redoutons le désengagement de l’Etat dans les services publics, demandons toujours une meilleure couverture sociale et plus de moyens pour l’éducation, la police, la justice

Certains élus de la France Insoumise sont même allés jusqu’à réclamer la suppression totale des taxes sur l’essence et la gratuité de tous les transports en commun, y compris dans les zones les moins urbanisées. Mais qui va financer cela ? Si les taxes diminuent, si le recours au secteur privé est dénoncé, où les pouvoirs publics vont-ils trouver l’argent nécessaire ?

Nous entendons ici ou là une demande – hautement démagogique – de réduction des indemnités des élus et, plus généralement, du train de vie de l’Etat. Rappelons que ces indemnités existent afin de permettre à chacun – et pas uniquement aux rentiers – de prétendre devenir député ou sénateur en étant assuré d’une compensation financière pour la lourde charge de travail qu’un mandat électif représente. Mais jamais, des économies faites ici ou là ne permettront de financer nos services publics.

D’autres pays – c’est le cas des Etats-Unis – ont un taux de PPO assez faible (20 points de moins que la France). Nous savons aussi que la sécurité sociale y est à un stade embryonnaire et que le secteur privé y est très présent (bien plus qu’en France) dans le quotidien des habitants ; les étudiants mettent plusieurs années à rembourser les emprunts souvent colossaux qu’ils sont contraints de contracter pour pouvoir poursuivre leurs études supérieures.

Il y a un choix à faire et que nous avons fait à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale. Il n’est pas possible tout à la fois d’exiger moins de taxes, moins d’impôts tout en préservant le haut niveau de protection sociale et d’intervention de l’Etat dans tous les domaines que nous connaissons et auquel nous sommes habitués et attachés.

Si le Gouvernement d’Edouard Philippe veut mener à bien les réformes structurelles indispensables qu’il a entreprises sous l’impulsion du président de la République élu il y a à peine 18 mois, il doit maintenir le cap. Il s’y est engagé. Gageons que dans quelques mois, lorsque la cohérence du plan gouvernemental portera ses fruits, les Français se féliciteront alors que nos dirigeants aient su entendre leurs revendications tout en tenant fermement à mener la transformation de notre pays, face à des oppositions politiques plus désireuses de l’échec du Gouvernement que de la réussite collective de la France.

Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10

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« Ce n’est pas quand ça souffle qu’il faut changer de cap. Le cap fixé par le président de la République, nous allons le tenir, il le faut. » | Edouard Philippe, 18 novembre, JT de 20h sur France 2