Ils s’appelaient Anna, Raphaël, Elif, Juan, Marie ou encore Amine…

Ce soir du vendredi 13 novembre 2015, en compagnie de 124 femmes et hommes, compagnons dans l’horreur, ils ont perdu leur vie. Et avec eux, plus de 350 personnes ont été blessées dans leur corps et dans leur esprit, meurtries à jamais.

Cette nuit-là, à Saint-Denis comme à Paris, l’horreur s’est abattue sur ce qui fait le sel de notre existence : la joie, l’amitié, le rire, la chanson… Dans le 10e arrondissement de Paris, Le Petit Cambodge et Le Carillon ont été le cadre de cette terreur.

C’est parce que ces femmes et ces hommes étaient heureux et libres qu’ils ont été fauchés par des ombres qui n’acceptent pas cette liberté et ce bonheur qui s’affichaient alors en terrasse, aux abords d’un stade, dans une salle de spectacle.

Anna, Raphaël, Elif, Juan, Marie, Amine et leurs sœurs et frères dans l’horreur sont morts. Nous pensons à eux parfois. Nous pensons à eux, ce mardi 13 novembre 2018.

Le tableau de tous ces visages perdus nous dit quelque chose d’essentiel pour notre société. Il nous dit que l’âge, le sexe, la couleur de peau, les origines ou les affinités ne nous séparent pas. Non… Cette nuit-là, nous étions tous réunis par les mêmes larmes. Mais le rejet des différences, l’incompréhension à l’égard de l’autre, l’intolérance, tout autant que la bêtise et l'ignorance nous séparent et conduisent à l’indicible, à l’inconcevable.

Si les chagrins de ce soir-là peuvent conduire à une réflexion, c’est sur le vivre ensemble.

Et la plus belle des revanches de ceux qui sont devenus, dans la mort, immortels pour l’Histoire, est la présence, aujourd’hui et demain, dans nos stades, sur nos terrasses - au Carillon et au Petit Cambodge - dans les salles de spectacle, d’un public coloré et bruyant, heureux et chantant, amical et fraternel.

Aussi prosaïque que cela puisse paraître, tant les mots sont parfois galvaudés, il faut nous souvenir et ne pas oublier.

Anna, Raphaël, Elif, Juan, Marie, Amine et leurs sœurs et frères dans l’horreur auraient pu être n’importe lequel d’entre nous…

Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10