Ce mercredi 10 juillet, la secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, Brune Poirson, présente en Conseil des Ministres le grand texte sur l’économie solidaire qu’elle prépare depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron et que nous avons déjà évoqué lorsqu'Edouard Philippe a annoncé qu'y figurerait l'interdiction de la destruction des produits non-alimentaires invendus.

Le but de ce texte est double. Il vise d’une part à réduire les déchets avec l’interdiction des produits en plastique à usage unique, comme les pailles, les gobelets, les couverts… et à assurer la promotion des produits les plus vertueux grâce à un système de bonus-malus qui aura une incidence favorable sur leur prix de vente et donc sur leur accessibilité au plus grand nombre des Français. Par ailleurs, le Gouvernement souhaite interdire la destruction des invendus, ce qui nécessitera de leur trouver des débouchés, y compris auprès des associations humanitaires et solidaires, mais aussi de produire de manière concertée et après s’être assuré de l’existence d’un marché et de sa capacité d’absorption.

D’autre part, ce texte propose de mieux gérer les déchets en visant, en 2025, le recyclage de 100% des plastiques ; le Gouvernement envisage à terme de rétablir la consigne pour les bouteilles en plastique. A l’image des entreprises des secteurs de l’emballage, du mobilier ou des produits électro-ménager, les entreprises des secteurs du BTP, du bricolage et du jardinage, du sport, du jouet, de la cigarette… devront créer des éco-organismes qui géreront financièrement leurs déchets en application du principe du pollueur-payeur.

Les pouvoirs des maires seront renforcés et la vidéoprotection sera mise en œuvre pour lutter contre les décharges sauvages.

Cette loi offrira de nombreux avantages. D’abord, l’économie circulaire a un potentiel de création d’emplois estimé à 300 000 ; autant d’emplois non-délocalisables. Ensuite, elle permettra des économies sur les ressources premières et notamment sur les métaux rares (ceux que l’on trouve dans la téléphonie mobile, par exemple). Enfin, elle permettra des gains de pouvoir d’achat en réparant plutôt qu’en jetant.

Alors que les Français – cela s’est exprimé lors du Grand Débat national et à l’occasion du résultat des élections européennes de mai dernier – sont demandeurs d’une société plus responsable et plus durable, certains lobbys freinent car les enjeux financiers sont, pour eux, importants ; c’est le cas notamment des industries du BTP qui produisent énormément de déchets et "délèguent" à la collectivité la gestion de leurs déchets sans, pour cela, débourser un seul centime.

Comme le dit très justement Brune Poirson, "il est temps de passer d'une société du tout-jetable à une société économe et respectueuse de l'environnement".


Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10