Entendre les craintes et ne pas laisser les oppositions les instrumentaliser

Nul ne peut contester que l’ascenseur social, dans notre pays, ne fonctionne plus bien. Certaines familles subissent incontestablement un déclassement. Et beaucoup d’autres vivent dans la crainte de ce même déclassement. Les Français ne voient pas leur avenir de manière sereine. C’est un fait…

Pourtant, depuis la crise économique que nous connaissons – globalement depuis les chocs pétroliers des années soixante-dix – les gouvernements successifs, par soucis de parer au plus pressé mais aussi, sans doute, par facilité, n’ont cessé de juxtaposer des dispositifs d’aide, de créer de nouvelles allocations, de nouveaux dispositifs. Aujourd’hui, la part des revenus de transfert ou revenus sociaux dans le revenu disponible des ménages est la plus haute de la zone euro et s'élève en moyenne à près de 45% (plus élevée chez les retraités et les chômeurs, moins élevée chez les actifs). C’est la juste contrepartie de l’importance des prélèvements publics obligatoires. Bonne nouvelle, l’argent ne s’évapore donc pas des caisses de l’Etat…

Et malgré cette formidable solidarité – unique au monde – organisée par l’Etat et financée par l’ensemble des Français et aussi par les entreprises, les plus défavorisés n’arrivent pas à sortir la tête de l’eau et manifestent aujourd’hui à la fois une angoisse pour l’avenir de leurs enfants et un fort sentiment personnel d’injustice à l’égard de ceux qui s’en sortent mieux et qui sont accusés, parfois, d’être des profiteurs. A ce stade, il ne faut toutefois pas oublier que les privilégiés d’aujourd’hui sont très souvent des personnes qui ont bénéficié de l’ascenseur social républicain. Leurs parents, ou leurs grands-parents n’étaient bien souvent pas, eux, des nantis. Emmanuel Macron, que certains disent être né avec une cuiller d’argent dans la bouche, avaient des grands-parents issus d’un milieu modeste. Comme beaucoup de nos gouvernants, de tous bords confondus…

Le mouvement de contestation des gilets jaunes est né de l’application de la taxe carbone, mise en place en 2014 par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault (présidence de François Hollande), en s’appuyant également sur la défiance nourrie à l’égard de l’abaissement à 80 km/h de la limite de vitesse sur la plupart des routes secondaires. Ce mouvement doit être entendu et des réponses seront apportées à des interrogations sur le pouvoir d’achat et sur les conditions de vie dans les zones dites périphériques de nos grandes villes.

Mais aujourd’hui, par le jeu néfaste mais prévisible de ceux qui n’ont pas accepté le verdict des urnes au printemps 2017, mais aussi – et c’est hautement déplorable – par le jeu du Parti Socialiste et du parti Les Républicains qui pensent se refaire une virginité après leurs cuisants échecs électoraux (on voit même François Hollande appeler à la poursuite de la lutte !) et qui sont pourtant grandement responsables de la situation économique et sociale actuelle de notre pays, le mouvement initial a agrégé tous les mécontents de la société, des moins favorisés jusqu’aux extrémistes de gauche (nihilistes et anarchistes) et aux extrémistes de droite qui appellent à un gouvernement provisoire sous la conduite du général Pierre de Villiers, frère du souverainiste Philippe de Villiers, et au renvoi de tous les immigrés hors de France.

Comment le Gouvernement d’Edouard Philippe pourrait-il aujourd’hui négocier sereinement et de manière constructive avec des représentants auto-proclamés des gilets jaunes qui avouent recevoir des menaces de mort d’autres gilets jaunes, avec des responsables politiques comme Jean-Luc Mélenchon qui prétend ne pas avoir le temps de se rendre à Matignon ou Marine Le Pen qui veut se racheter de son catastrophique débat de second tour de la présidentielle, ou avec des parlementaires socialistes et Républicains qui jouent l’éventualité - inexistante - d’une alternance anticipée ?

Tenir le cap et rester fidèle à nos engagements

Le Gouvernement fait bloc et la majorité parlementaire montre un visage de responsabilité, d’ouverture, malgré les menaces physiques reçues par certains députés, et de cohésion. Emmanuel Macron a raison d’incarner la République face à des débordements inacceptables commis par des personnes qui n’ont d’autre objectif que de renverser la République.

L’ordre républicain doit être retrouvé. Aux yeux du monde, cette situation fragilise la France, au moment précis où ses indicateurs macroéconomiques se redressent et où le Brexit crée des opportunités inédites sur notre territoire. Au moment des fêtes de Noël, les touristes étrangers annulent leurs réservations et les commerces de proximité souffrent.. Tout cela aura un prix que chacun d’entre nous devra payer : ralentissement de la croissance, augmentation des dépenses publiques, perte de compétitivité et d’attractivité.

Lors de la présentation du plan pauvreté, le 13 septembre 2018, le président de la République indiquait : « Je ne veux pas d’un plan pour que les gens pauvres vivent mieux la pauvreté. Je veux leur donner la possibilité d’en sortir. »

Pour la première fois depuis les années soixante-dix, nous avons un objectif audacieux. Les revanchards de la politique et les casseurs de tous bords n’en veulent pas, au risque de briser leur délirant espoir de (re)conquête, et souhaitent l'empêcher.

Nous devons être fidèles à notre engagement au sein de La République En Marche ! et permettre à chacun de tracer son chemin en lui en donnant les moyens. Nous condamnons avec fermeté toutes les exactions commises, que ce soit à l'encontre des personnes - plusieurs morts et de très nombreux blessés -, des personnels chargés d’assurer notre sécurité individuelle et collective que nous remercions une fois encore pour leur dévouement, les biens personnels, souvent, le résultat des efforts de toute une vie, les biens de production et, bien sûr, les symboles de notre République.

Répondre aux demandes exprimées et garantir l'ordre républicain

Dans un souci d’apaisement, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé plusieurs mesures, ce mardi 4 décembre, en rappelant la nécessité de garder le cap des réformes tout en entendant les demandes exprimées à l’occasion de ce mouvement.

Parmi ces mesures, citons la suppression de la hausse de la taxe carbone, de la convergence de la fiscalité du diesel et de l’entrée en vigueur de la réforme du contrôle technique automobile ; les tarifs de l’électricité et du gaz n’augmenteront pas durant la période de négociation (qui débutera le 15 décembre pour s’achever le 1er mars, au niveau national mais aussi au niveau des territoires) annoncée par le président de la République dans sa déclaration du 27 novembre dernier à l’occasion de l’installation du Haut Conseil pour le climat.

Le Premier ministre a également annoncé réfléchir à une prime pour aider les personnes qui travaillent loin de leur domicile ainsi qu’à l’ouverture d’un large débat sur les impôts et les dépenses publiques car, rappelle-t-il, « nous ne voulons pas léguer de dettes à nos enfants. ».

b0c65d76-ee77-4bfe-bc6a-b6f951657c2a.jpg

Edouard Philippe a enfin rappelé que si les Français ont le droit de manifester, ils ont aussi le droit de circuler et de vivre normalement. Aussi, toute nouvelle manifestation devra faire l’objet d’une déclaration, selon les règles habituelles, et devra se dérouler dans le calme, car « Aucune taxe ne mérite de mettre en danger l’unité de la Nation »...

Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10