Dans le rapport remis ce lundi 6 mai, les membres du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (IPBS) tirent la sonnette d’alarme sur l’état de la biodiversité dans le monde.

Pour Emmanuel Macron, qui s’est adressé à la presse sur ce sujet ce lundi en fin d’après-midi depuis la cour de l’Elysée, la crise actuelle de la biodiversité est aussi importante que la crise du climat. La France doit prendre toute sa place pour mener cette lutte contre la dégradation de notre environnement terrestre et maritime et contre la disparation de très nombreuses espèces animales. L’urgence est sonnée…

Cette lutte, dans laquelle le président de la République engage résolument notre pays, est aussi une lutte contre une dégradation génératrice d’inégalités et de nouveaux déséquilibres, dus à des bouleversements importants.

Le président de la République fixe trois objectifs à notre pays.

Le premier objectif, celui de changer notre alimentation. Pour cela il faut d’une part changer nos modèles de production, en concertation avec les agriculteurs et les consommateurs, et d’autre part lutter contre les gaspillages alimentaires. En 2025, l’utilisation de produits phytosanitaires dans la production agricole et piscicole doit être divisée par deux, en ne laissant aucun agriculteur, aucun producteur, sans solution. En ce qui concerne le gaspillage alimentaire, il faut enseigner les bons gestes dès l’école et responsabiliser les consommateurs, les restaurateurs et les distributeurs. L’effort doit être collectif et partagé.

Le deuxième objectif, celui de préserver les sols et de lutter contre leur artificialisation. Cela passe par la réduction de la production intensive qui appauvrit les sols et les eaux, mais également par la préservation des domaines et des territoires. Le chef de l’Etat a rappelé que les trois quarts de notre biodiversité était ultramarine et a annoncé l'extension des aires maritimes protégées de 22% aujourd'hui à 30% d'ici 2022. En outre, un tiers des aires marines et terrestres seront protégées en coeur de nature (à haute valeur de biodiversité) d'ici 2025.

Le troisième objectif, celui de lutter contre toutes les formes de gaspillages, de limiter la production de déchets ; cela afin de restaurer notre biodiversité. Avant 2025, 100% du plastique utilisé en France devra être du plastique recyclé. L’économie circulaire devra être renforcée ; le tri et le recyclage devront être développés. Les collectivités auront un rôle important à jouer, tout comme les citoyens.

Emmanuel Macron rappelle l’urgence qu’il y a à se mobiliser.

Pour cela, une évaluation du plan Biodiversité lancé dès l’été 2018 – il y a déjà un an – par Nicolas Hulot, alors ministre de la transition écologique et solidaire, sera menée. Le Conseil interministériel de défense écologique annoncé le 25 avril dernier par le président de la République se saisira prioritairement de la question de la biodiversité. Enfin, un travail important sera mené dans tous les domaines afin de mettre en conformité les aides fiscales et budgétaires avec les objectifs liés à la biodiversité. Le Service national universel sera mobilisé en faveur de cette lutte pour la biodiversité.

Au plan européen, la biodiversité sera intégrée à la négociation de la prochaine politique agricole commune (PAC) et les actions en faveur de la biodiversité devront être intensifiées.

Au plan international, le G7 de Biarritz, prévu du 24 au 26 août prochains, sera une étape importante de la mobilisation en faveur de la biodiversité. Le chef de l’Etat s’y engage.

Citoyens, entreprises, collectivités et administrations, financeurs… nous devrons tous nous mobiliser afin de changer notre organisation globale et revoir en profondeur nos modèles actuels. La France doit montrer l’exemple au monde d’une mobilisation réussie et efficace.


Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10