Il est bien dommage que la presse ne retienne des cérémonies du 18 juin 2018 que la règle de respect et de savoir-vivre que le président de la République, courtoisement et fermement, a rappelée ce jour-là à un adolescent un peu trop provocateur. Elle en a oublié de rappeler l’histoire de cet Appel et, surtout, de souligner sa portée essentielle dans notre société actuelle.

Le général de Gaulle, ce 18 juin 1940, appelle la France et les Français à résister à l’envahisseur et à s’opposer à la fatalité. Un esprit conservateur, en effet, soufflait sur le gouvernement d’alors qui s’accommodait assez bien de la facilité qu’il y avait à ne pas se lever pour s’opposer. Le conservatisme menait la France de l'humiliation au renoncement, puis à l’horreur.

La commémoration de cet appel, 78 ans après, rappelle à chacun d’entre nous la nécessité de résister à la facilité qui consiste à accepter une situation et à s’en accommoder. Dans la France du 21e siècle, dans une Europe cabossée, il y a deux attitudes possibles. Constater et déplorer, ou bien proposer et réformer.

Trop longtemps, les gouvernements successifs, par facilité – et par lâcheté – ont refusé de réformer notre pays et l’Europe, au motif que cela serait compliqué et qu’il y aurait, malgré un travail de pédagogie à mener, un risque d’impopularité. C’est ainsi que depuis les années soixante-dix, la situation économique de la France s’est progressivement dégradée et que nous nous sommes habitués collectivement à l’échec et à l’exclusion d’une partie de nos concitoyens. Quant à l’Europe, son impuissance sur certains grands dossiers fait oublier la paix qu’elle a apportée sur le continent depuis plusieurs décennies.

Le président de la République, le gouvernement et les députés La République En Marche ont montré depuis un an qu’en travaillant, en prenant le risque – à court terme – de déplaire, il était possible de relever la France, de rebâtir l’Europe et de ne pas accepter la fatalité. Les réformes, nombreuses, permettent de briser les conservatismes et les blocages dans tous les secteurs. Le quinquennat est une période trop courte pour prendre son temps et l’urgence absolue commandée par la situation de certains de nos compatriotes appelle à agir sur tous les fronts.

Alors célébrer l’Appel du 18 juin 1940 est certes un devoir de mémoire, mais il est aussi et surtout un devoir d’avenir…


Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10