"Face à l’inacceptable, il serait faux de dire que nous n’avons rien fait. Nous avons condamné beaucoup. Mais nous n’avons pas su agir assez efficacement. C’est notre échec. Trop de mots. Pas assez de résultats. Le temps est venu des actes. Tranchants. Concrets." Emmanuel Macron, président de la République française – Paris, mercredi 20 février 2019.

A l’occasion du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), le président de la République a rappelé les valeurs qui sont celles de la République – qui sont les siennes aussi – pour protéger tous ses enfants, quelle que soit leur conviction religieuse ou leur absence de conviction religieuse.

Notre République a, assurément, une dette particulière à l’égard des Français de confession juive, d’une part en raison des atrocités commises à leur endroit par le régime nazi avant et pendant la Seconde guerre mondiale, mais également en raison du rôle que l’Etat français y a joué, comme l’a reconnu à très juste titre – et enfin ! – le président de la République, Jacques Chirac, lors d’un discours mémorable en juillet 1995.

C'est notamment pour cela que la lutte contre l'antisémitisme doit être menée sans merci dans notre pays.

Lors de ce dîner, donc, le mercredi 20 février 2019, le chef de l’Etat a annoncé plusieurs mesures importantes, faisant dire au président du Crif, Francis Kalifat, « qu’il y aura un avant et un après » ce discours…

Parmi ces mesures, le président de la République a annoncé que la France allait adopter dans ses textes de référence une définition de l’antisémitisme élargie à l’antisionisme - reprenant ainsi la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste - car, a-t-il dit, "l’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme".

Également, il a annoncé la dissolution de plusieurs associations et groupuscules racistes et antisémites, notamment en lien étroit avec l’extrême droite.

Sur le plan législatif, la députée de Paris, Laëtitia Avia est chargée de déposer une proposition de loi pour lutter contre la haine sur Internet, notamment via

  • l'obligation pour les plateformes de retirer les contenus haineux sous 24h,
  • la mise en place d'une procédure de signalement des contenus haineux simplifiée et unifiée,
  • une levée plus efficace de l’anonymat en cas de délit,
  • un blocage définitif des sites relayant des propos à caractères haineux.

Enfin, un audit va être réalisé concernant "les établissements touchés par la déscolarisation des enfants de confession juive" afin de comprendre ce qu’il s’y passe, car trop souvent des élèves sont obligés de quitter l’école publique qui ne joue plus "son rôle de rempart républicain".

"Depuis plusieurs années, et la situation s'est encore aggravée ces dernières semaines, notre pays – comme d'ailleurs l'ensemble de l'Europe et la quasi-totalité des démocraties occidentales – est confronté à une résurgence de l'antisémitisme sans doute inédite depuis la Seconde guerre mondiale." Emmanuel Macron, président de la République française – Paris, mercredi 20 février 2019.

En 2018, les actes antisémites ont augmenté de 74%... Nous ne l'acceptons pas et nous étions près de 20 000 personnes rassemblées pour le dire, la veille, Place de la République à Paris.

Rémi Chauvet, référent LaREM Paris 10.


30e35f76-df90-438b-a195-75ddfa3a5502.jpg

Pour aller plus loin, consultez le discours prononcé par Emmanuel Macron lors du dîner du Crif, le mercredi 20 février 2019.