#9 L'Europe et les citoyens d’Europe

Oui, nous vivons une période historique grave. Les périls politiques montent partout, en Asie, en Amérique, en Orient et désormais en Europe. Le projet européen, ou la « Renaissance européenne », reste une « bénédiction » pour l’Europe, même si certains prétendent le contraire. La plupart des citoyens du monde continuent à observer ce projet inédit de relations internationales avec admiration et espoir.
Il est temps que les citoyens européens reprennent leur destin en main. Ils devraient enfin saisir que l’Europe, ce sont des avantages supplémentaires et non la dépossession des souverainetés nationales. On appelle donc au sursaut de conscience des citoyens d’Europe. Sauf qu’il y a un fossé démocratique, un fossé de perception, un problème d’intériorisation, qui s’est creusé depuis 30 ans entre le citoyen européen et l’Europe, perçue comme technocratique et lointaine. « On ne tombe pas amoureux d’un taux de TVA » : Jacques Delors est toujours d’actualité !
Rien en Europe ne se fera sans l’adhésion des citoyens. Rapprocher au plus vite les citoyens de l’Europe doit être notre priorité. Nos systèmes politiques sont tous confrontés aujourd’hui à l’exigence d’ouverture et de démocratie. Si nous aspirons à une Europe des citoyens, et pas à celle des consommateurs, dépêchons-nous de la réaliser, car l’heure est grave. Nous avons besoin d’une vraie vie politique européenne ! Un chef d’Etat européen s’adresse à tous les citoyens d’Europe avec le projet « Renaissance » : on assiste à la naissance d’une vie politique européenne, à l’échange d’idées non pas sous une forme diplomatique mais démocratique ? Il est urgent de chercher des pistes de réformes pour réconcilier les citoyens et l’Europe : le chantier lui-même pourrait susciter de l’enthousiasme chez les Européens. Donner plus de pouvoir au Parlement ; synchroniser le calendrier des élections européennes au Parlement ; Former les listes transnationales ; réinventer le lien entre les citoyens et le Conseil de l’UE (agissant comme l’exécutif européen et comme chambre haute du législatif européen, à côté du Parlement) ; synchroniser les calendriers des élections nationales avec un droit de regard donné à la Commission européenne ; développer la démocratie participative sur les sujets européens à tous les niveaux ; promouvoir « l’initiative citoyenne européenne » ; constamment relayer au niveau national les enjeux, les avancées et les instruments existants au niveau européen… Il faut, évidement, tendre vers l’harmonisation sociale en Europe, mais on n’a même pas su valoriser les acquis sociaux européens !
On veut aussi des femmes et des hommes politiques européens incarnés, visibles et audibles partout en Europe : les commissaires européens, les députés, les membres du Conseil de l’UE et sa présidence. Ils doivent s’exprimer devant des publics différents, politiques ou non, nationaux ou ceux d’un pays voisin, en tandem ou en trio avec leurs collègues européens, dans les médias de tous les pays d’Europe. Il nous faut des députés « à l’aise avec la Reine de Danemark, un fermier hongrois et un commerçant italien ». Les listes électorales doivent porter des gens qui ont une passion et un projet d’Europe et non des ratés de la politique nationale. Il faut dénoncer la récupération des bénéfices dus à l’Europe en cas de réussite et l’accablement de l’Europe en cas d’échec par les politiques nationaux. Il faut valoriser ce qu’on a déjà fait, y compris la réunification des deux Europes. Il faut lancer des grands chantiers, instaurer un service civique européen, faire circuler le maximum de jeunes, en harmonisant les formalités administratives. Il nous faut quelques dates, rites et symboles pour tous les européens. Il faut aussi « se détendre » par rapport au multilinguisme, qui est notre richesse, et nous devons investir dans notre industrie de traduction. Par ailleurs, la traduction « de liaison » sur le terrain n’a encore tué ni humilié personne.
Les médias doivent jouer leur rôle dans la refondation européenne au lieu de relayer en permanence les conflits et les peurs. Il paraît que « l’Europe et l’écologie ne font pas vendre », je cite un ex-PDG d’une chaîne d’information. Il va falloir revoir la « responsabilité sociale » de ce secteur d’activité. Ainsi, la France couvre toute la politique américaine de Donald Trump, alors que l’Europe est couverte comme suit, selon une récente étude de la Fondation Jean-Jaurès : 1% pour TF1, 5% pour Arte, 0% pour les chaines privées. Cessons de penser que les sujets européens relèvent des questions étrangères, elles relèvent des questions intérieures ! J’aimerais que les citoyens européens tournent le dos à la peur distillée par l’extrême droite et les populistes attitrés, et qu’ils aient de nouveau envie de porter l’espoir et le changement pour eux-mêmes, pour leurs pays et pour l’Europe.
Donnons le pouvoir de décision aux amoureux de l’Europe, aux passionnés de la démocratie européenne, aux inconditionnels de la puissance de l’Europe, de la protection des européens et de l’écologie, aux innovateurs, aux audacieux, à ceux qui ont de l’imagination politique d’envergure européenne, à ceux qui nous permettrons d’aller plus loin ! 26 mai 2019 – Pour une Europe des citoyens 100% concernés et des députés 100% européens !

Svetlana Danileiko-Guiraudios, Coordinatrice Europe LaREM PARIS 7