Nombreux sont ceux qui pensent que l’homme est allé trop loin dans l’irrespect et le saccage de son environnement naturel, qu’il s’est s’est déconnecté de la nature, qu’il s’est perdu dans le productivisme, le consumérisme excessif et dans « la réalité virtuelle » de l’internet. Le GIEC tire la sonnette d’alarme depuis près de 20 ans. Chercher des solutions pays par pays est nécessaire, mais guère suffisant. Direction : les solutions internationales. L’Europe peut et doit devenir un moteur de cette reconnexion écologique mondiale, de ce renouveau écologique. Elle a tout pour réussir ce challenge, contrairement à d’autres. Elle a la conscience, la volonté, le capital humain et l’expertise scientifique.
Vendredi dernier, des jeunes ont manifesté pour le climat à travers le monde. Ils s’ouvrent la voie. Je me souviens qu’il y a 15 ans, à l’heure des premiers rapports sur l’effet de serre à l’OPECST (l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques), vers 2002-2003, la question du dérèglement climatique faisait sourire la plupart de nos interlocuteurs. Le premier rapport parlementaire sur « l’Effet de serre », rédigé en 2006 par Jean-Yves Le Déaut, président de la mission d’information en question, avec Nathalie Kosciusko-Morizet, rapporteure, titrait déjà : « Le changement climatique : le défi majeur du XXI siècle », mais cela faisait encore sourire. Aujourd’hui, force est de constater que le « la lutte pour le climat » est devenu une clé d’entrée dans la conscience écologique des jeunes, surtout dans les pays occidentaux, et il faudra savoir utiliser cette clé.
Mais tout le monde ne se sent pas concerné par le changement climatique, tant le climat paraît éloigné de nos besoins quotidiens. D’aucuns vous diront que notre planète a déjà vécu plusieurs épisodes de réchauffement et de glaciation, d’autres ont l’impression qu’influer sur le climat revient à vouloir modifier la météo, d’autres encore donneraient cher pour avoir une poignée de degrés de plus en hiver, ou moins de pluie, ou plus de pluie… les zones climatiques étant si diverses sur la planète.
En effet, le dérèglement climatique n’est qu’une des conséquences de nos activités humaines, sachant qu’en 5 générations on a dilapidé les réserves de la planète, tout en la polluant. En revanche, tout le monde veut respirer un air pur, boire de l’eau propre et nager

dans une mer limpide, manger des aliments sains et faire courir ses enfants dans des prairies vertes. Ce désir est partagé par tous les habitants de la planète, dans toute l’Europe - de l’Ouest à l’Est, du Nord au Sud - et par toutes les tranches d’âge. Il faudra donc modérer nos consommations, éviter les gaspillages, revoir nos modèles économiques et nous reconnecter à la nature. Nous avons besoin d’une Europe résolue sur ces sujets dès le mois de mai 2019 !
Pourquoi ne pas nous fédérer au niveau européen ? Au lieu de focaliser uniquement sur le climat (réduction des gaz à effet de serre) ou diriger la « transition écologique » (la transition n’inspire pas les populations, étant anxiogène : on ressent la menace, mais on n’en voit pas la sortie), proposons la création d’une Agence européenne pour un renouveau/reconnexion écologique (European Agency for Ecological Renewal).
Elle pourrait se pencher sur : (i) la lutte contre le dérèglement climatique (réduction des émissions de gaz à effet de serre), (ii) la qualité de l’air, des sols, de l’eau, (iii) la promotion et convergence des circuits d’économie circulaire, (iv) les matériaux (sortie du plastique, matériaux innovants), (v) les énergies et les mobilités, (vi) la biodiversité. Elle serait force de proposition vis-à-vis du Conseil, de la Commission et du Parlement européens, et serait dotée de moyens de financement solides. Faudrait-il encore qu’une partie, voire la totalité de ces financements soient comptabilisés non en dépenses, mais en investissements européens. Les autres outils sont bien connus : persuasion, « bâton » et « carotte » fiscale.
L’Europe doit instaurer une contribution « écologie-climat » sur le carbone pour arriver à la neutralité carbone en Europe d’ici 2050. Elle doit soutenir les activités du GIEC, généraliser l’étiquetage « écologie-climat » à tous les produits concernés, supprimer toutes les incitations fiscales à polluer, engager un plan européen de rénovation énergétique des bâtiments, développer la recherche européenne dans les domaines écologie-climat en « mettant le paquet » sur le problème du stockage de l’énergie… Elle doit mettre en débat à l’OMC les mécanismes fiscaux pour compenser la perte de compétitivité potentiellement due à l’instauration d’une contribution « écologie-climat ». Dès demain, l’Europe pourrait instaurer une taxe supérieure sur le « carbone importé » en rendant les produits européens, moins « polluants », plus compétitifs. La liste des mesures n’est pas exhaustive… Le projet du « renouveau écologique » de l’Europe pourrait être notre nouveau moteur économique, un créateur d’emplois, une arme d’influence géo-politique, un projet pour une meilleure qualité de vie, un projet enthousiasmant pour nos enfants et un signal fort pour le monde. L’horizon des possibles dans l’histoire est très large. L’Europe doit s’emparer de la reconnexion écologique dès demain, à la fois pour l’avenir de nos enfants, mais aussi pour renforcer ses positions dans le monde.
26 mai 2019 – Pour une Europe reconnectée avec la nature et l’écologie !

Svetlana Danileiko-Guiraudios - Coordinatrice Europe LaREM Paris 7