Pourquoi le populisme a pris tant d’ampleur dans le monde depuis environ 20 ans ? Le nombre de dirigeants tenant des discours populistes a plus que doublé depuis le tournant des années 2000. Un Terrien sur quatre vivrait maintenant dans un régime populiste : Etats-Unis, Italie, Venezuela, Inde, Brésil, Royaume-Uni, Turquie, Hongrie… On dit que c’est une idéologie. Mais le populisme n’en est pas une, car il ne possède pas de base idéologique à proprement parler. Il surfe sur toutes les tendances politiques : de l’extrême gauche à l’extrême droite. Mon observation de la vie politique dans différents pays me permet de dire aujourd’hui que le populisme est avant tout une posture personnelle qui consiste à propager des mensonges et à détourner les informations, surfant sur l’ignorance des populations et sur les affects, dans le but d’obtenir un gain individuel : un gain financier ou un pouvoir d’influence, le plus souvent les deux. C’est une posture purement démagogique, pragmatique et « business-oriented ». Vous remarquerez : parmi les dirigeants populistes, vous trouverez rarement des économistes, des scientifiques, des universitaires, des médecins, des ingénieurs… Tous, hommes ou femmes, cherchent à accroître leur rente financière et leur zone d’influence sur la base des « votes populistes » qui leur sont accordés. Souvent, ils ont aussi des « partenaires business » à l’extérieur du pays, tout aussi pragmatiques, tout aussi « business ».
Leur discours-type est très simple : il y a « les riches » (notion très floue, car eux-mêmes sont rarement pauvres), « les profiteurs » (notion très étendue : chômeurs, étrangers, juifs, francs-maçons, plombier polonais, immigrés etc…) et « les braves gens ». Les populistes « se placent » du côté des « braves gens » pour lutter contre « les riches » et « les profiteurs ».
La réalité est, hélas, toute autre ! La principale question des populistes est : comment mieux arnaquer les « braves gens » pour en tirer un profit personnel maximal ? Nous sommes loin de l’intérêt général.
Deux exemples flagrants en France. Le premier : M. Mélenchon, qui n’a exercé professionnellement que 3 mois dans sa vie, qui a, donc, vécu aux frais du contribuable et n’a connu d’autres systèmes politiques qu’une démocratie bien développée avec un système de redistribution et de sécurité sociale les plus égalitaires au monde. (Il serait nécessaire, d’ailleurs, que tout élu aujourd’hui ait une réelle expérience professionnelle.) M. Mélenchon tient néanmoins à soutenir les populistes du monde entier et à vendre aux « braves gens » en France un « communisme maoïste parfumé de che-guevarisme » ou « une France kibboutz avec un zeste de militarisme »… Il ose même appeler à la révolution aux suites plus qu’incertaines. Mais, a-t-il réellement testé tous ces concepts ? L’énergie qu’il déploie à professer ces mensonges aux Français est sidérante. Sans parler de l’irresponsabilité devant la population, sa logique étant : « Après moi le déluge ! Je m’accroche à mes privilèges, quitte à mener tout le monde vers l’abîme ».
Deuxième exemple : la dynastie Le Pen dont le patriarche a dépensé des millions reçus en héritage contesté pour constituer sa paroisse de « braves gens » qui permettent à la famille depuis plusieurs générations de « perpétuer les bénéfices et fructifier les gains ». Mais qu’attend-on d’eux ?! Transparence et libertés individuelles ? Méritocratie et égalité des chances pour nos enfants ? Protection en cas de difficultés de la vie ? Plus de justice sociale ? Plus d’égalité hommes-femmes ? Arrêt total de la marche du monde ? Construction de la ligne Maginot autour de la France… qui n’aura servi à rien en fin de compte ? A l’approche des européennes, les médias devraient internationaliser leurs plateaux pour avoir une vision plus complète, plus riche du monde et de l’Europe, pour avoir des retours d’expériences différents, pour comparer, mieux comprendre, mieux s’orienter dans les discours des uns et des autres…
Si aujourd’hui les populistes montent à la surface partout dans le monde, ce n’est pas dû aux crises économiques et aux effets de la mondialisation, les études le démontrent. C’est surtout parce qu’il est devenu très facile de professer des mensonges, et de manipuler d’énormes pans de population - et non seulement dans son propre pays - grâce aux technologies digitales. Pour éviter la guerre, le chaos de l’anarchie, la décadence économique et culturelle de l’Europe ou de vaines lignes Maginot, nous devrons mener 3 combats majeurs dans la prochaine décennie : le combat pour démasquer les intérêts personnels populistes vs intérêt général, le combat pour la régulation des réseaux sociaux et d’autres Info Tech au niveau de l’Europe et du monde, enfin le combat pour le sens critique, en « baisse de régime » même dans les pays dits développés et traditionnellement démocratiques. Aux armes, les citoyens de l’Europe ! 26 mai 2019 – Pour une Europe des Européens avertis !

Svetlana Danileiko-Guiraudios - Coordinatrice Europe LaREM Paris 7