18h50 ce lundi. Les premiers SMS d’amis montrant photos et vidéos tombent sur nos messageries, les premières notifications des chaînes d’information en continu font vibrer nos téléphones. Notre-Dame est en feu. Sa charpente se consume à une vitesse folle. Nos cœurs se serrent. L’émotion qui nous a envahi à ce moment précis dit beaucoup de nous, de notre engagement, de ce qui nous est cher, de ce que nous pouvons perdre.

Ce qui nous frappe en voyant brûler ce monument presque millénaire, dont les pierres et les bois ont vu défiler nos épreuves comme nos plus grands moments d’Histoire, c’est cette fragilité. C’est notre fragilité face à un moment qui nous dépasse par sa survenance et sa violence. Notre impuissance, aussi, face à des éléments que nous ne contrôlons pas. Notre idée, surtout, figée en nous que tout est, et restera ainsi, sans que rien ne change, sans que rien ne bouge. Avant, bien sûr, que tout change.

Ce lundi 15 avril, nous avons vu brûler une cathédrale catholique, un monument chéri par les Parisiens, les Français et le monde. Au-delà de cela, ce que nous avons vu brûler, c’est notre idée même de la persistance, de l’immuable, de ce qui fait notre liberté. Finalement de tout ce que nous prenons pour acquis.

Ce vertige nous avons pu, individuellement, collectivement, le ressentir à d’autres moments : de la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle en 2002, au lendemain de l’élection de Donald Trump en passant par le soir des résultats du vote en Grande-Bretagne annonçant la victoire du « Leave ».

Quels enseignements en tirons-nous ?

Dans l’échéance européenne qui se rapproche de jour en jour, nous ne devons pas avoir l’arrogance de croire que parce que les génénations précédentes ont voulu construire le projet européen, parce que nous le voulons aujourd’hui, le peuple européen le voudra toujours. C’est cette idée même de la fragilité qui se rappelle à nous.

Alors allons-nous attendre le 27 mai prochain pour nous réveiller avec cette sensation de gueule de bois ? Allons-nous laisser notre maison européenne brûler ? Allons-nous continuer de regarder ailleurs ?

La réponse, la nôtre en tout cas, sera « non » évidemment.

Non, car nous sommes ces enfants ou petits-enfants des victimes de tout ce que la guerre charrie dans son lit comme horreurs et inhumanité. Non, car nous sommes de cette génération qui a vu les murs tomber et les mains se serrer pour la paix, pour la prospérité. Pour tout ce qui fait notre continent aujourd’hui. Non, car nous sommes de cette génération « Erasmus ». Que nous connaissons la valeur de ces échanges culturels pour quiconque a la chance d’en bénéficier. Non, car nous sommes de cette génération qui répond « Oui » à l’appel de Greta Thunberg et qui veut « passer en mode cathédrale » pour notre planéte et l’avenir de nos enfants.

Ce combat pour l’Europe nous le menons et nous continuerons de le mener.

Avec humilité, car la montée des populistes nous montre à quel point ce projet est fragile et en proie à des forces qui veulent le détruire de l’intérieur. Avec exigence, car nous ne pouvons pas nier que l’Europe et ses institutions se sont éloignées de ce qui fait notre quotidien en tant que peuple, en tant qu’hommes, femmes, en tant que société. Avec conviction, car nous savons que c’est la bonne échelle pour nous protéger, pour protéger notre souveraineté nationale. Dans un monde interconnecté dans lequel on ne peut imaginer étre plus fort en étant isolé face à de grandes puissances étatiques ou des entreprises plus puissantes encore. Le 26 mai nous voulons à nouveau sentir nos cœurs se serrer. L’émotion qui nous envahira à ce moment précis dira beaucoup de nous, de notre engagement, de ce qui nous est cher, de ce que nous aurons réussi ensemble à préserver. Pour un temps déjà.


**Les référents de La République En Marche à Paris **

Hanane Abdelli, Fanta Berete, Christophe Caporossi, Rémi Chauvet, Charles Feld, Thibault Gouache, Justine Henry, Alexandre Kimmerlé, Marianna Mendza, Margaux Pech, Olivier Ponsoye, Valentine Tessier, Véronique Tommasi, David Vaillant, Katia Sogreeva, Gilles Widawski