Nous sommes des « marcheurs » qui avons pris l’initiative de créer le collectif citoyen Je m’engage pour l’école, afin de contribuer avec des acteurs de la société civile à la réussite de tous les élèves sur l’ensemble du territoire national. C’est parce que nous sommes convaincus que les politiques ne peuvent pas tout que nous avons lancé, en juillet, avec le soutien du ministre de l’éducation nationale, ce mouvement citoyen qui rassemble, bien au-delà des « marcheurs », des Françaises et des Français, de toutes sensibilités, enseignants, chefs d’établissement, parents d’élèves, dirigeants et militants associatifs, chefs d’entreprise, artisans mus par un sentiment d’urgence et de responsabilité.

Nous nous adressons aux Françaises et Français porteurs de gilets jaunes qui souhaitent que soit entendu leur cri de colère et qui ne souscrivent pas aux appels à la violence visant à faire vaciller nos institutions démocratiques. Votre colère, nous ne faisons pas que la comprendre. Nous la partageons et elle est même au fondement de notre engagement au sein de La République en marche.

Comme vous, nous sommes indignés que, dans notre pays, les écarts de revenus se creusent et laissent trop de nos concitoyens dans une situation de précarité. Comme vous, nous sommes convaincus que la réduction des fractures territoriales doit être la priorité de nos politiques publiques. Comme vous, nous vivons comme un scandale intolérable que la France soit considérée dans la dernière enquête PISA, classement des pays de l’OCDE dans le domaine de l’éducation, comme le pays dans lequel le poids du déterminisme social pèse le plus lourdement sur la réussite des élèves. Comme vous, nous n’acceptons pas que 20 % de nos enfants ne sachent ni lire, ni écrire, ni compter de manière satisfaisante en fin de CM2.


Politique de transformation

Le fait que le chantier éducatif ait été placé en tête de son programme a contribué à nous convaincre de nous engager pour le candidat Emmanuel Macron. Aujourd’hui, dix-huit mois après son élection, nous ne nous sentons pas trahis. Nous sommes pleinement en accord avec la politique de transformation menée par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Le dédoublement des classes de CP et de CE1 dans les écoles situées dans les quartiers les plus défavorisés est un effort sans précédent en direction des plus fragiles, qui concerne 190 000 élèves cette année et bénéficiera à 300 000 d’entre eux l’an prochain. Nous nous réjouissons de la revalorisation de la filière de l’apprentissage ainsi que de l’investissement massif dans la formation (15 milliards d’euros d’ici à la fin du quinquennat), qui cible en priorité ceux qui en ont le plus besoin : les demandeurs d’emploi longue durée et les jeunes sans qualification.

Parmi les dispositifs mis en place pour lutter contre la fracture territoriale, nous nous félicitons de l’investissement accru dans le réseau ferroviaire et le réseau routier prévu par la loi mobilités et du plan qui permettra à l’ensemble de nos concitoyens d’avoir accès à du bon ou du très bon débit d’ici à 2020. Enfin, le plan pauvreté, approuvé par une grande partie du monde associatif, qui vise non à rendre la pauvreté plus supportable mais à permettre aux plus fragiles d’en sortir, nous semble aller dans la bonne direction.

L’amélioration du niveau de vie de ceux d’entre nous qui « n’arrivent pas à joindre les deux bouts » n’a donc jamais cessé d’être au cœur des préoccupations du président de la République, du gouvernement et de la majorité. Mais la souffrance qui s’exprime à travers votre mouvement vient à l’évidence bousculer le tempo des réformes. Elles doivent aller plus loin et plus vite pour accompagner ceux d’entre nous qui, sans être indifférents à la fin du monde, sont taraudés par la fin du mois.


Justice sociale

C’est pourquoi nous saluons les mesures qui viennent d’être annoncées par le président de la République. Il ne s’agit pas d’un changement de cap, mais il nous semble qu’un malentendu s’est installé depuis le début du quinquennat sur le sens du « cap » poursuivi par le chef de l’Etat, qui n’est autre que la justice sociale, rendue possible par la relance de notre économie. Une fiscalité qui encourage l’investissement productif, ce n’est pas un cadeau fait aux riches, c’est la condition sine qua non d’une sortie du chômage de masse dont les plus fragiles sont les premières victimes. Il faut créer de la richesse pour pouvoir mieux la distribuer, sans quoi l’on se condamne au partage de la pénurie.

Mais il va de soi que ce n’est pas la « main invisible » qui réalisera cette juste répartition. Une politique volontariste est nécessaire en la matière. L’intéressement et la participation des salariés aux bénéfices de l’entreprise, envisagés en son temps par le général de Gaulle, font partie des dispositions-clés de la loi Pacte, qui vient d’être adoptée à l’Assemblée nationale. Il faut développer avec audace cette voie, qui est l’un des seuls moyens de réconcilier capitalisme et lutte contre les inégalités. Cesser de monter les Français les uns contre les autres : voilà l’un des enjeux majeurs du quinquennat et des jours périlleux que nous traversons. Ce cap-là ne doit pas être abandonné.

Cette adhésion à la politique gouvernementale ne nous rend ni béats ni passifs. Nous sommes convaincus que pour faire face à cet « état d’urgence économique et sociale » décrété par le président de la République, les mesures pour renforcer le pouvoir d’achat sont essentielles mais ne peuvent suffire. Chacune et chacun d’entre nous doit, à la place qui est la sienne, s’engager et prendre toute sa part.


Exigence d’efficacité

Dans les mois qui viennent, des forums visant à présenter des métiers porteurs et à offrir des stages aux jeunes pour ouvrir l’horizon des possibles se préparent sur tout le territoire. Après le succès du Forum des stages et de l’orientation organisé par l’association Stage et avenir et soutenu par notre collectif, qui a accueilli près de 1 200 collégiens le 1er décembre, dans le 15e arrondissement de Paris, un Forum des métiers et des stages porté par des citoyens de Seine-Saint-Denis et de Paris 16e, particulièrement emblématique de notre approche transterritoires, devait avoir lieu le samedi 8 décembre à Bobigny et a été décalé en janvier 2019, en raison des événements. Abattre les murs et les inégalités de destin, tel est notre ADN !

C’est avec une grande inquiétude que nous nous adressons à vous aujourd’hui. La crise que nous traversons peut conduire au meilleur, car elle place avec une exigence d’efficacité à plus court terme la nécessité d’un meilleur équilibre dans le partage des richesses, ici et maintenant. Elle peut conduire au meilleur si nous entrons dans une coconstruction des solutions, selon une méthode plus participative, plus concertée, avec le concours des élus locaux, des corps intermédiaires constitués et ceux qui sont à inventer pour entendre la voix de nos concitoyens qui ne se sentent plus représentés. La société civile, le monde associatif et le patronat doivent y prendre toute leur part. Elle peut aussi conduire au pire si les forces de destruction fragilisent nos institutions. Nous en appelons à l’esprit de responsabilité de tous. Ne gâchons pas la chance qui nous est offerte de retisser les liens d’une société plus solidaire et unie dans un horizon commun. Tout est encore possible.

Signataires : Collectif « Je m’engage pour l’école »

Ilana Cicurel (Déléguée nationale éducation et culture, Bureau exécutif LaREM, initiatrice du collectif « Je m’engage pour l’école ») ; David Vaillant (Référent LaREM Paris 20, coordinateur national du collectif « Je m’engage pour l’école ») ; Alexandre Aïdara (Référent LaREM Seine-Saint-Denis) ; Antoine Arel (Référent LaREM Europe méditerranéenne) ; Béatrice Agamennone (Référente LaREM Moselle, Bureau exécutif LaREM)) ; Morad Agrebi; Joseph Attala, Julien Balesi; Patricia Barenfeld ; Nabil Benbouha (Référent LaREM Val-de-Marne) ; Raphael Bernardin (Référent LaREM Tarn) ; Martin Bohmert (Délégué général des Jeunes avec Macron) ; Patricia Bordas (Référente LaREM Corrèze) ; Mathieu Bouda; Eric Breton ; Marie-Laure Brossier ; Frédéric Brun ; Chistophe Caporossi (Référent LaREM Paris 12) ; Jules Castro, Razika Chaou ; Rémi Chauvet (Référent LaREM Paris 10) ; Rolla Cherfane ; Loïc Corrégé (Référent LaREM Pyrénées Atlantiques) ; Amina Dahoun (Référente LaREM Meurthe-et-Moselle ; Anne Dardelet (Référente LaREM Suisse) ; Isabelle de Bue ; André de Caffarelli (Référent LaREM Corse) ; Thierry Dartron ; Christine de Panafieu ; Dominique de Souza Pinto ; Amadou Dia ; Maël Disa (Référent LaREM Guadeloupe) ; Dominique Dubreuil; Slav Djoudjev; Josyane Dupuis (Référente LaREM, Péninsule ibérique) ; Vanessa Durand; François Ernst (Référent LaREM Val d’Oise) ; Monika Esprit (ancienne référente LaREM Asie du Sud) ; Serge Fraillon ; Marie-Béatrix Fontaine ; Carole Gandon (référente LaREM Ille-et- Vilaine) ; Farida Guéroult ; Sébastien Gauthier (Référent LaREM Vendée) ; Ismérie Giron (Référente LaREM Loir-et-Cher) ; Thibault Gouache (Référent LaREM Paris 19) ; Nadège Guillard (93) ; Guillaume Gibouin (Référent LaREM Haute Savoie) ; Bertrand Gonthiez (Référent LaREM Gers) ; Pascal Guiennet (Référent LaREM Haute Vienne) ; Patricia Gruson (référente LaREM Marne) ; Jean-Guillaume Gourlain; Rose François Gouriou ; Jean-Michel Goustour ; David Hivet ; Rose Hecquefeuille (Référente LaREM Lot-et-Garonne) ; Justine Henry (Référente LaREM Paris 18) ; Emmanuelle Hoffman ; Christine Jagueneau (ancienne Référente LaREM Loir-et-Cher) ; Joomye Khallel; Malika Kechich; Toufik Khiar ; Alexandre Kimmerlé (Référent LaREM Paris 14) ; Benjamin Kirschner, Référent LaREM Maine et Loire) ; Jennifer Périssé-Courtois (Déléguée nationale LaREM à la cohésion des territoires, Bureau exécutif LaREM) ; Myriam Larabi (Responsable Evènements du collectif « Je m’engage pour l’école ») ; Nathalie Ledermann ; Dominique Lelong, référente LaREM Oise) ; Nicole le Peih; Gaëlle Le Roch (Référente LaREM Morbihan) ; Linda Marchal; Cassandre Métayer ; Fabrice Scagni ; Stany Specq (Référent LaREM Hauts de France) ; Zineb Mekouar ; Albert Morel (Référent LaREM Vaucluse) ; Laurent Moretti (Référent LaREM Seine-et-Marne) ; Jean-Claude Moustacakis (Référent LaREM Europe de l’Est) ; Isabelle Négrier (Référente LaREM Allemagne-Autriche) , Mathilde Nurbel ; Hervé Palat, Philippe Peruchon (Référent LaREM Indre-et-Loir) ; Cecile Philippin, Olivier Ponsoye (Référent LaREM Paris1234) ; Lucile Pons Van Der Silke ; Fernando Prudencio Francisco; Laurent Rathle ; Hafed Rejeb; Marie-Hélène Regnier (Référente LaREM Aude, Bureau exécutif LaREM) ; Clémence Rouvier (Référente LaREM Eure-et-Loir) ; François Sarrazin (Référent LaREM Loiret) ; Valérie Sauviat-Duvert (Référente LaREM, Pays de la Loire) ; Céline Samee (Référente LaREM Asie du Nord), Aziz Skalli, Référente LaREM Gironde) ; Jérémy Stutz (Référent LaREM Bas-Rhin) ; Fadila Tatah ; Clément Thépot; Prisca Thevenot ; Pauline Tubiana ; Remi Velez ; Martine Vantomme (Référente LaREM Landes) ; Françoise Vavoulis ; Yolaine Vignaud (Référente LaREM Hérault) ; Stéphanie Villemin (référente LaREM Haut-Rhin) ; Serge Vincent (Référent LaREM Vosges) ; Isabelle Wekstein (Présidente de l’association Lutter contre les préjugés) ; Gilles Widawski (Référent LaREM Paris 16) ; Laura Widawski ; Caroline Yadan.