Claire Pommeyrol est une marcheuse engagée, qui a été candidate aux législatives, et maintenant aux municipales, à Cambrai. Elle fait partie des 150 participant.e.s à la Convention Citoyenne pour le Climat. Dans un planning (très) chargé, elle a pu nous consacrer un moment pour nous parler de cette expérience.

Claire, on dit que les 150 participants ont été choisis « au hasard », tu y crois ? Totalement ! Dans tout le processus, qui a débuté en août dernier, on ne m’a jamais questionné sur mon engagement politique. Toutes les questions qui m’ont été posées portaient sur des renseignements de type « état civil » et visaient probablement à permettre de constituer un panel représentatif de la société française. Maintenant que je connais mieux les autres participants, je peux dire que c’est réussi : nous sommes 9 du Nord-Pas de Calais, âgés de 18 à 80 ans, et nous côtoyons d’autres citoyens de toutes origines (sociales ou géographiques), et de toutes convictions, de l’extrême droite à l’extrême gauche.

Avec une telle diversité, est ce que vous arrivez à vous mettre d’accord sur des propositions ? Oui, aussi surprenant que ça puisse paraître. Dans mon groupe, j’ai beaucoup de protestataires, assez radicaux, mais on arrive à se dire les choses, en respectant les idées des autres. Une fois, on est allé au clash, mais ça s’est arrangé dans la soirée, quand on s’est tous retrouvés pour boire un verre. Ce qui nous rassemble, c’est qu’on a tous envie de progresser, et d’apporter des idées concrètes. On est un peu en « mission ».

Qu’est ce qui vous a donné cette énergie ? C’est venu progressivement. Au début, on a eu l’impression de ne pas être pris au sérieux. Nous étions un peu vexés, mais on a été très vite responsabilisés et choyés, en profitant de toutes les expertises et éclairages qu’on désirait. C’était Noël : on faisait une liste de personnes qu’on voulait rencontrer, et le mois d’après, ils étaient à notre disposition. Mon groupe travaille sur le thème « Se nourrir », et on a pu échanger avec des dirigeants de la FNSEA, de la grande distribution, de start-up, ... et même avec Nicolas Hulot.

Vous arrivez à ne pas vous faire influencer ? Le fait que nous soyons tous d’origines très diverses nous donne un grand sens critique. Il y en a toujours un, parmi les 30 du Groupe, qui est là pour « réveiller » les autres, en cas de besoin. Nous avons aussi pris l’habitude de faire nos propres recherches.

Pourquoi 30, vous n’êtes pas 150 ? Si, mais nous sommes organisés en 5 groupes : Consommer, Se déplacer, Se loger, Se nourrir, Travailler et produire. Les groupes ont été constitués par tirage au sort. Au début, j’étais déçue de participer au groupe « Se nourrir », mais finalement, c’est passionnant.

Penses tu que vous cette Convention va permettre de faire des progrès dans le domaine du climat ? J’y crois, particulièrement depuis la visite que nous a rendu le Président Macron. Il nous a écouté, nous a consacré du temps, et nous a dit de ne pas faire d’autocensure, et qu’il suivrait nos propositions, à partir du moment où elles seront argumentées. C’était un moment fort, qui nous a donné envie d’aller encore plus loin.

Est ce que tu penses avoir de la chance de participer à cette Convention ? Oui, beaucoup, et je sais que je fais des envieux, à commencer par mes trois filles, qui auraient bien aimer prendre ma place, parce qu’elles considèrent que l’écologie n’est pas de mon âge. Elles ne voyaient pas pourquoi je m’investissait autant sur ce projet, alors que j’ai beaucoup d’autres occupations. Mais si je consacre autant de mon temps à cette Convention, bien au delà des 3 jours de réunion par mois, c’est que j’ai l’impression qu’on vit un moment historique, qui restera dans les mémoires. Quand je pense que j’ai failli ne pas pouvoir participer, parce que j’étais au début en « liste d’attente » ...

Ceux qui voudraient en savoir plus sur cette Convention Citoyenne pour le Climat peuvent aller voir le site dédié à l’adresse : https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr