Stéphane Gachet était interviewé par Xavier Boussion pour Presse Océan.

Presse Océan : quelle analyse faites-vous des résultats des municipales en Loire-Atlantique pour LREM ?

Stéphane Gachet : « Nous avons le sentiment du devoir accompli. Nous nous étions fixé un objectif de 10 000 élus au niveau national pour LREM. Nous en avons 140 en Loire-Atlantique, nous avons rempli notre quote-part ».

Plutôt satisfait, donc ?

« Objectivement, nous n’avons pas de raison d’être déçus outre mesure. Bien sûr, nous aurions aimé faire mieux. Mais il ne faut oublier que nous partions de zéro. En 2014, LREM n’existait même pas. L’enjeu, c’était d’avoir des élus locaux, on jouait plutôt placé que gagnant. Aujourd’hui, nous avons des nouveaux élus qui intègrent des conseils municipaux, certains dans la majorité, d’autres dans l’opposition. Sur ce plan, l’objectif est atteint. »

Il y a des résultats qui vous réjouissent plus que d’autres ?

« La victoire de Sandra Impériale à Bouguenais en fait partie. Mais il y a beaucoup d’autres élus que l’on a soutenus ailleurs dans le département, à gauche comme à droite, qui l’ont emporté. L’important, c’est d’avoir aujourd’hui l’ancrage local qui nous manquait depuis la présidentielle de 2017, avec des élus en situation de défendre notre vision politique. »

Pas trop déçu par le score de Valérie Oppelt à Nantes ?

« Encore une fois, on espérait faire mieux. On ne manquait pas d’ambitions, nous sommes sur un territoire assez ouvert à nos idées. Mais nous avons traversé une période compliquée, le contexte national ne nous a pas aidés, avec des épisodes pas simples à gérer. »

Ce qui s’est passé dans d’autres grandes villes a pu jouer, selon vous ?

« Je ne pense pas que la situation compliquée que nous avons vécue à Paris ou à Lyon ait beaucoup influé sur le vote. Nous sommes surtout les victimes collatérales de la crise sanitaire, qui a été plutôt bien gérée par les maires en place, y compris à Nantes, et qui a donné une prime aux sortants. »

La forte abstention vous inquiète ?

« C’est ce qui m’attriste le plus. Cela fragilise les maires élus, même s’ils sont parfaitement légitimes, mais surtout le lien entre les citoyens et les politiques. Même à Nantes, où l’on pratique la participation citoyenne et la co-construction depuis des années, on voit bien que les électeurs ne se sont pas déplacés aux urnes. Il faut que l’on se pose collectivement des questions sur la façon de redonner aux citoyens l’envie de s’impliquer dans la vie de la cité. »

Que vous inspire la « vague rose-verte » ?

« Pour moi, cela confirme un peu plus la volatilité de l’électorat. À la présidentielle de 2017 et aux européennes de 2019, LREM est arrivé en tête. Aujourd’hui, ce sont les écologistes. Demain, ça peut encore changer. Il y a un décalage entre l’analyse que l’on peut faire de ces élections au niveau local et les leçons qu’on peut en tirer au niveau national. Aux municipales, on vote plus pour un projet que pour une étiquette politique. »