Se parler ! Ce principe basique sur lequel repose le bon fonctionnement d'une vie en société est moins simple à entretenir qu'il n'y paraît. Les nouvelles technologies sont censées faciliter la communication, les échanges et pourtant le ressenti global semble montrer un désir de bien vivre ensemble, de mieux vivre ensemble. Et si bien vivre ensemble n'était pas inné ? Si la façon de s'exprimer et se comporter en collectivité s'apprenait dès le plus jeune âge et s'entretenait au fil de l'évolution de notre société ?

Dans la famille des projets qui marchent, focus sur l'initiative menée par Julie Tosaki et toute l'équipe pédagogique de l'école Saint-Félix à Nantes depuis 2 ans. Julie Tosaki est directrice de l'école Saint-Félix à Nantes et membre du groupe de travail « éducation, enfance et culture » animé par Sylvanie Duval et ouvert à toutes les bonnes volontés. L'objectif est de sensibiliser les élèves à la médiation et de valoriser les élèves volontaires formés au rôle de médiateur. Ces élèves peuvent intervenir sur les temps de récréation afin de faciliter la résolution des petits conflits et sont à l'écoute des sollicitations des autres élèves. De nombreux différends sont désamorcés par les élèves eux-mêmes avant qu'ils ne prennent trop d’ampleur. Et puis il y a les situations que les élèves n'osent pas toujours aborder avec un adulte et qui peuvent être exprimées plus facilement avec leurs pairs. Les adultes sont toujours là pour gérer les situations les plus violentes, moralement ou physiquement.

Les élèves ont également la possibilité de demander à exprimer des « messages clairs » à l'attention d'un élève ou de toute la classe. L'objectif est de faire prendre conscience, faciliter l'expression d'un problème dans un contexte favorable à sa formulation et sa réception par les personnes concernées. L'attention est portée sur l'importance d'exprimer et d'écouter les préoccupations de chacun afin d'adapter les comportements.

Tout a commencé par le constat de la dégradation du « climat scolaire » et la volonté de l'équipe pédagogique d'améliorer l'environnement d'apprentissage de leurs élèves. « Se sentir bien à l'école c'est être dans de bonnes conditions pour bien apprendre ». Le projet a pu se mettre en place grâce à l'intervention d'une association qui accompagne les adultes qui formeront ensuite les élèves. Ces associations comme Génération Médiateurs, MédiActeurs ou encore la Fédération des Aroéven-Foéven) mènent un travail de prévention contre la violence dont les jeunes sont souvent les auteurs, les témoins ou les victimes. Après plusieurs années de retour d'expérience, les acteurs de la vie scolaire témoignent que l’expérience menée dans les établissements permet une baisse significative des conseils de discipline, des exclusions, des signalements faits aux services concernés en mairie et une amélioration de l'ambiance et du climat général. Les témoignages des jeunes révèlent une dimension formatrice et humaine essentielle. Devenus adultes, les médiateurs sentent l'accroissement de la confiance en eux et l'apport de cette expérience dans leur vie relationnelle et professionnelle.

Reste à renouveler l'expérience chaque année afin de former les nouvelles générations et pérenniser les bonnes habitudes acquises. Nous pouvons tous entretenir cette pratique simple qui consiste à exprimer ce que l'on ressent et écouter ce que les autres ressentent. Et si on essayait d'en faire de même entre adulte ? Et si nos municipalités avaient un rôle à jouer sur ce sujet ?

Reportage France 3 sur le sujet : https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/nantes-enfants-mediateurs-cour-recre-1787705.html

Envie de vous impliquer dans le Groupe de Travail « éducation, enfance et culture » : larem44.education@gmail.com