Les adhérents de Loire-Atlantique ont été invités à s’exprimer sur la réforme des statuts annoncée par Stanislas Guérini il y a quelques mois, en présence de Justine Henry, référente du XVIIIe arrondissement et membre du groupe de travail national composé de 8 personnes travaillant sur cette thématique, importante pour le mouvement. Ce groupe a pour mission d’élaborer des propositions à soumettre au vote des adhérents pour enrichir et moderniser les statuts.

A la fin du mois de juin, une consultation avait été organisée en Loire-Atlantique pour débattre et recueillir les propositions des adhérents du département.

Cette réforme essentielle a plusieurs objectifs : renforcer la démocratie interne, améliorer le fonctionnement des instances nationales et mieux définir le rôle de chacun sur le territoire.

Quatre pistes ont été retenues par le GT national à savoir voter pour élire les animateurs locaux, démocratiser les instances locales et nationales, rendre plus représentatif le comité politique territorial et renforcer son rôle, améliorer la représentation des territoires au conseil national.

Pour présenter ces pistes et les confronter aux réactions des adhérents de Loire-Atlantique, un format convivial a été choisi pour leur permettre de s’exprimer librement dans la mesure où tout aujourd’hui n’est pas figé et peut encore évoluer. Ce fut un bel exemple de démocratie interne.

Isabelle Dupont est intervenue dans le cadre de sa participation à la mise en œuvre d’ateliers inter-comités sur la réforme des statuts qui ont eu lieu en juin.


Rappel

En effet, Benjamin Bordigoni du comité Nantes-Nord-Est avait organisé fin juin dernier un atelier inter-comités sur cette réforme afin de recueillir les propositions des adhérents de Loire-Atlantique. La réunion a rassemblé 10 adhérents, animateurs et co-animateurs de Nantes et des communes métropolitaines. Les principales attentes soumises lors cet atelier visaient le renforcement de la démocratie locale en remettant l’adhérent au coeur du mouvement, notamment par des votes réguliers sur des sujets locaux, le vote pour le référent départemental, et également pour des animateurs et co-animateurs de comité. En parallèle, sujet qui a beaucoup fait débat au sein du groupe et dont l’obtention d’un consensus a été plus difficile, il a été proposé de rendre l’adhésion payante annuellement, avec un montant non fixe (comme un don) mais qui permettait, par un règlement monétisé, d’obtenir la garantie d’une identité fiable. Pour améliorer nos instances nationales, les adhérents présents étaient demandeurs de plus de visibilité sur l’agenda des instances nationales, d’obtenir un retour du quartier général lorsque celui-ci est sollicité, et de modifier la composition du conseil national en effectuant un tirage au sort des adhérents, et en obtenant la parité des élus nationaux et locaux.

Pour finir, et afin de mieux définir le rôle de chacun sur le territoire, il avait été proposé l’obtention d’un salarié pour aider le référent. L’idée de redéfinir le rôle des comités locaux en subordonnant leur existence à une activité minimale à définir, un minimum et un maximum d’adhérents après un an d’exercice, a aussi été soulevée.

Au total, ces propositions avaient rencontré l’assentiment de quarante de nos adhérents avec une nette cristallisation des attentes autour de la nécessité de voter pour le référent départemental, même pour ceux qui ne se reconnaissaient pas forcément dans l’ensemble des autres propositions.


Après ce rappel des réflexions menées localement, Justine a pris la parole pour réaffirmer la spécificité d’En Marche. En effet, comment faire évoluer ce mouvement qui s’est construit à l’envers des partis politiques traditionnels ? Il s’agit aujourd’hui de réfléchir à l’architecture du territoire.

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Les marcheurs ont été invités à participer à cette réflexion via l’atelier des idées et parmi les cinq propositions qui arrivent en tête, quatre sont les mêmes que celles portées par le groupe de travail.

La cinquième concerne l’élection des référents à laquelle les adhérents sont attachés, comme nous avons nettement pu le constater sur notre territoire. Le mouvement s’est construit autour d’une adhésion gratuite, en un clic, afin qu’il n’ait pas de frein à l’engagement de tous. C’est notre identité. Pas de questionnement non plus à l’entrée sur le parti d’où l’on vient. Maintient-on cette adhésion dans ces termes ? Si c’est le cas, comment assainir notre fichier d’adhérents dans lequel nous avons actuellement un Adolf Hitler et plusieurs Emmanuel Macron ?

Un des arguments en faveur d’une adhésion payante, en dehors de sécuriser l’identité de chaque adhérent est de pourvoir aux frais de fonctionnement du parti. Nous avons regardé comment l’introduction d’une adhésion payante influait sur les comptes du parti et il s’est avéré que les dons se voyaient fortement diminués, les gens estimant qu’ils avaient déjà donné assez en s’acquittant de leur cotisation annuelle.

Revenons maintenant sur l’introduction du vote au sein du mouvement. Qui vote ? Pour qui vote-t-on ? Pour quoi ? Selon quel mode de scrutin ?

Il a été exposé que si les statuts doivent être suffisamment clairs et explicites, tout ne serait pas forcément écrit pour permettre une certaine souplesse en fonction des contextes locaux. Pour ne pas trop enrichir les statuts d’éléments qui en limiteraient la souplesse inutilement, d’autres documents peuvent être rédigés afin d’apporter des directives sans que cela soit inscrit dans les statuts, comme une charte, des supervisions, des fiches de postes (comme celle du référent par exemple, qui n’existe pas pour le moment).

Ceci pourrait permettre aux équipes départementales de prendre des initiatives et d’aller au-delà des statuts qui resteraient le cadre mais ne seraient pas vécus comme un carcan.

Voter pour des personnes / des idées ?

La question du référent, de son rôle, de sa désignation, a également été abordée. Il représente les marcheurs et le mouvement sur le territoire. Ses liens avec le QG doivent donc être forts.

On pourrait imaginer que le QG propose des candidatures pour ce poste, mais il n’est pas acceptable qu’il propose une candidature qui ne paraît pas légitime aux yeux des marcheurs. A minima, il devra donner ses motivations sur le pourquoi il a désigné un référent si le recours au vote des adhérents n’est pas retenu. Le choix reste ouvert. Le référent est le lien entre le quartier général et la base. Il avait été retenu que le référent serait toujours désigné et non élu. Mais le vote est une demande qui est majoritairement remontée du terrain donc rien n’est arrêté de ce point de vue.

En revanche, nous avons réfléchi à un jugement majoritaire, une pondération plutôt qu’un vote pour ou contre. Chacun donnera des appréciations globales sur chaque candidat avec une échelle de valeur « très en faveur », « en faveur », « moyen », « passable ». Celui ou celle qui aurait le plus de retours positifs serait élu. Cela permet d’instaurer un débat d’idées.

Une question se pose : voter pour des idées est-ce statutaire ?

Qui vote ?

Permettre à tout le monde d’adhérer est une volonté forte. Ainsi le principe de ne pas exiger de cotisation est retenu. Pour rajouter à l’intérêt de ne pas faire de cotisation payante, nous espérons l’arrivée massive de nouveaux élus avec les échéances prochaines ce qui apportera des fonds supplémentaires au mouvement. Et il a été annoncé il y a quelques mois que chaque élu versera une part définie de ses émoluments au parti. C’est acté et prendra effet sous peu.

Comment alors créer un corps électoral ?

On qualifie un compte à l’aide d’une pièce d’identité. Ainsi, l’adhérent aura un profil certifié, ce qui lui conférerait le droit de vote. On laisserait toutefois la possibilité d’adhérer sans se certifier. Cela concernerait les adhérents qui souhaitent recevoir les informations sans s’engager. A travers cette démarche, on crée un progressisme. A côté de cela, des chantiers restent ouverts car on ne peut pas, à l’heure actuelle « décliquer » pour ne plus être adhérent par exemple. Donc, il serait question de réadhérer en effet tous les ans probablement afin d’affiner notre corps électoral et d’être informé des différentes actions qui se présentent à chacun. Libre à eux dans ce cadre, de s’inscrire à telle ou telle action qui les intéresse. Cela créerait des sous fichiers d’adhérents souhaitant être informés et participer selon les actions en cours.

Il a été question également de l’accueil du nouvel adhérent avec une procédure standardisée : processus d’accueil, lecture de la charte, présentation de l’état d’esprit du mouvement, tous ces éléments qui sont importants pour la culture commune, les informations sur le fonctionnement local, les interlocuteurs, pendant une période de six mois.

Vers un COPOL plus représentatif

Pour plus de démocratie locale et de transparence au sein du mouvement, créer une instance locale de prise de décisions collective est important. La piste évoquée est d’élargir le COPOL par la présence d’adhérents élus.

Lors du Campus à Bordeaux début septembre la question des statuts sera encore étudiée et débattue. Les propositions seront finalisées fin octobre pour l’envoi des convocations au vote courant Novembre. Les adhérents se prononceront ensuite lors du premier semestre 2020, après les municipales.