Dans une tribune parue dans le Monde cette semaine, Hervé Morin et quatorze autres présidents de région appellent de leurs vœux un nouveau pacte girondin entre l’Etat et nos territoires. Derrière ces mots, derrière ce titre aux sonorités constructives, se cache un jeu de posture dont certains des auteurs, et à leur tête Hervé Morin, sont malheureusement coutumiers. Cet exercice politicien connaît pourtant ses limites.

D’abord parce que cette posture ne résiste pas à l’analyse du plan de transformation du pays engagé par le Président de la République et son gouvernement : de l’accès à la téléphonie et au très haut débit à la lutte contre la désertification médicale, en passant par la revitalisation des cœurs de villes, la transformation des filières agricoles et agroalimentaires, la réforme du système ferroviaire et l’expérimentation des emplois francs, l’ensemble des réformes menées depuis un an vise précisément à améliorer le quotidien dans les territoires et préparer l’avenir. Ce volontarisme contraste tout particulièrement avec les actions insuffisantes menées par les gouvernements précédents, auxquels nombre de signataires ont participé.

Par ailleurs, cette tribune témoigne d’un refus d’un dialogue responsable entre les différents échelons institutionnels de notre pays. Que certains présidents de région puissent exprimer des appréhensions, cela est bien légitime et devrait permettre d’alimenter un débat serein. Mais que ceux-ci s’insurgent contre une réforme nécessaire de l’apprentissage, au motif d’une dépossession de leurs prérogatives, comment nos concitoyens pourraient-ils l’accepter ? L’esprit de responsabilité nécessite une évaluation rigoureuse de l’efficacité des politiques menées : concernant l’apprentissage, force est de constater que le système français n’était pas à la hauteur, avec seulement 7% d’apprentis chez les jeunes de moins de 25 ans alors que plus d’un million de jeunes restent sans formation. Face à cette situation, l’efficacité doit être notre seule boussole : c’est dans cet esprit que le gouvernement entend mener cette réforme urgente et ambitieuse.

Enfin, on lit entre les lignes de cette tribune la crainte de leurs auteurs qu’Emmanuel Macron réussisse à redresser la situation de notre pays, questionnant dans le même temps le bilan réel et les pratiques de certaines grandes collectivités. A l’heure des efforts de rationalisation demandés à toutes les strates de l’Etat, au moment même où le gouvernement met en œuvre des réformes cruciales jusqu’ici reportées par manque de courage ou de vision politiques, nos concitoyens pourraient prendre le goût de cette exigence retrouvée. Peut-être, par exemple, en viendraient-ils à questionner la pertinence de l’investissement de 5 millions d’euros dans le fonds d’investissement privé Cathay Capital, voté par la Région Auvergne Rhône Alpes en mars 2017 ? Peut-être en viendraient-ils à demander des comptes au Président de la Région Normandie qui faisait campagne sur la réduction du train de vie de la région, en pointant avec beaucoup de légèreté 500 postes de fonctionnaires en trop ?

Refusons les postures et ne cédons pas à l’esprit de revanche ; préférons toujours le dialogue et l’exigence d’efficacité. Fier de ses territoires divers et de ses réussites régionales, fort de ses talents et de sa capacité d’innovation, notre pays saura relever les défis qui s’annoncent : les Français, de Normandie et d’ailleurs, eux, ne s’y tromperont pas.

Guillaume Rouger, Référent de La République En Marche de l’Eure Maxime Boissière, Référent de La République en Marche de la Seine-Maritime Nicolas Gosselin, Référent de La République En Marche du Calvados Kathleen Brémont, Référente de La République En Marche de l’Orne Pierre-Henri Debray, Référent de La République En Marche de la Manche